mercredi 5 octobre 2016

[GeeKritique] La critique de Anus Beauté Tome 1

Pour cette deuxième GeeKritique rédigée par mes soins pour JeGeekJePlay, j’ai choisi de vous parler d’une histoire qui se passe principalement en dessous de la ceinture, mais pas seulement. Je veux bien sûr parler du manga Anus Beauté (titre original : Kiss My Ass), seinen humoristique que l’on doit au scénariste et dessinateur Takeshi Ohmi, publié aux éditions Kurokawa. Le premier volume est sorti le 14 avril dernier et a été préfacé par Marina Carrère d’Encausse, médecin et co-présentatrice d’une émission de télévision médicale.


Le fondement de l’histoire, résumé par l’éditeur :
« Mitsuki Yakushiji, 16 ans, a tout pour être heureux. Sauf qu’il traîne avec lui un lourd fardeau : il souffre d’hémorroïdes. Personne n’est au courant, bien sûr, jusqu’à ce qu’une de ses camarades de classe le démasque. Frappée du même mal que lui, Shiori Miura connaît tout de cette maladie et elle est bien décidée à aider Yakushiji à la combattre, même contre son gré… »

Le résumé annonce clairement la couleur. L’éditeur a fait un pari osé en choisissant un sujet peu commun dans les mangas (pour ne pas dire inexistant) et bien souvent tabou dans la vie. J’avoue d’ailleurs n’avoir pas osé lire Anus Beauté dans les transports en commun, contrairement à mon habitude, pour éviter que le titre évocateur de la couverture n’attire les regards désapprobateurs ou moqueurs des gens.

Dès les premières pages, l’auteur plante le décor avec des situations cocasses, des regards gênés, et des formulations ambiguës, dignes du début d’un manga ecchi. Les dessins, bien qu’explicites, sont toutefois suffisamment pudiques pour que cette œuvre puisse être lue par le plus grand nombre sans choquer. L’on y voit certes quelques paires de fesses, mais les parties sensibles sont astucieusement camouflées. On retrouve également des schémas explicatifs qui donnent une meilleure idée de ce qu’il se passe chez les personnes victimes de cette maladie.

Le pauvre Mitsuki, lui, n’osant pas se rendre chez un médecin de peur que son secret honteux ne soit révélé au grand jour, se représente ses hémorroïdes comme un démon, qui profite de la moindre occasion (effort musculaire, tape dans le dos appuyée, situation de stress, etc.) pour se montrer et le torturer.

Pour rien au monde il ne voudrait que ses amis, ou pire, la jolie Komatsu, dont il est amoureux, ne l’apprennent. Mais avec l’apparition de Shiori, une camarade de classe qui, souffrant du même problème que lui, a reconnu ses symptômes au premier coup d’œil, saura-t-il empêcher que son secret ne soit éventé ?

© TAKESHI OHMI 2013 By SHONENGAHOSHA

Grâce à sa nouvelle amie, il découvre que son mal peut se soigner et commence à envisager un avenir dépourvu des souffrances causées par sa maladie, mais le chemin vers la guérison s’annonce difficile et semé d’embûches. Celle qui s’est autoproclamée sa « sidekick ass » (comprendre « copains qui vont botter le train aux hémorroïdes ») va tout lui apprendre sur sa maladie et s’imposer dans sa vie pour l’aider à la gérer. Cette dévotion sans faille de Shiori n’est en réalité pas totalement désintéressée, et le fait qu’elle soit si proche de Mitsuki va commencer à soulever des questions et susciter des jalousies dans l’entourage de ce dernier.

J’aime beaucoup, pour ma part, le personnage de Shiori, qui manque cruellement de tact et de compétences sociales, et dont le calme et la neutralité rarement troublés contrastent fortement avec les réactions excessives et l’obsession du paraître du héros. C’est ce contraste entre ces deux personnages, qui ne semblent avoir en commun que leur maladie, qui provoque bon nombre de situations comiques. Cependant, Shiori semble devenir un peu plus humaine au contact de Mitsuki…

Le sujet, vous l’aurez compris, est traité avec beaucoup d’humour. Ce manga se veut éducatif, mais pas rébarbatif : le lecteur s’instruit sur un sujet délicat tout en s’amusant. Le dessin est bon, les personnages attachants… Bref, cette « comédie romantique sur fond de suspense scatologique » (c’est ainsi que l’auteur lui-même définit son œuvre), est agréable à lire et les gags, certes un peu grossiers, sont toutefois très efficaces ! Petit bémol : quelques coquilles qui m’ont un peu gênée à la lecture (ceux qui me connaissent personnellement savent que je suis très tatillonne sur ce point, déformation professionnelle oblige).

En résumé, Anus Beauté est un manga fort sympathique et bien fait sur un sujet original. J’ai beaucoup aimé ce premier tome et j’ai hâte de lire le deuxième et dernier tome, paru le 8 septembre dernier.

Geekritique de SwitchDadooka


Titre : Anus Beauté Tome 1
Auteur : Takeshi Ohmi

Genre : Humour
Date de parution : 14 avril 2016

Pagination : 176 pages
Série terminée en 2 tomes.

Lire la critique du tome 2 (FIN).

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