mercredi 8 février 2017

[GeeKritique] Ma critique de Les Fleurs du Mal Tome 1 et Tome 2

Bien que la vie adulte ne soit pas toujours simple, l’adolescence n’est pas non plus une période des plus faciles. C’est ce que Shuzo Oshimi souhaite partager avec ses lecteurs au travers de sa série Les Fleurs du Mal, dont les deux premiers tomes sont déjà disponibles aux éditions Ki-oon. Cette série à la fois touchante et moralement assez difficile saura sans doute vous marquer émotionnellement de la même manière que je l’ai été. C’est donc avec plaisir que je partage avec vous mon ressenti après la découverte des deux premiers tomes de cette série, qui en compte onze au total, et qui s’est déjà vendue à plus de 2.5 millions d’exemplaires au Japon, qui s’est aussi vue adaptée en animé ainsi qu’en pièce de théâtre.




Résumé de l’éditeur - Tome 1 :
Une ville de province banale, un collège banal, un quotidien banal. Takao, élève moyen et timide, se sent enfermé dans ce monde étroit. Il n’a qu’une échappatoire : la lecture. Il est surtout fasciné par l’étrangeté des Fleurs du mal de Baudelaire. Ce recueil est devenu son livre de chevet, tout autant que son moyen de se différencier dans un monde gris où tout le monde se ressemble. Il existe pourtant un élément de surprise incontrôlable dans son univers : Sawa, assise derrière lui en classe, refuse toute autorité en bloc. “Cafards !”, “Larves !” : elle ne rate pas une occasion d’exprimer sa haine et son mépris, même envers ses professeurs. Crainte de tous, elle est l’élément déviant de la classe. 
Mais Takao préfère se concentrer sur la populaire Nanako. Il ne lui a jamais parlé et se contente de la regarder de loin. Alors quand il trouve abandonnés dans la salle de classe les vêtements de sport de l’objet de ses fantasmes, il ne peut s’empêcher de les ramasser… et de s’enfuir en les emportant, sur un coup de tête ! Pas de chance pour lui, Sawa l’a surpris en plein forfait… Avec un grand sourire, elle commence à le faire chanter : s’il ne veut pas qu’elle le dénonce, il doit obéir à ses ordres, même les plus fous !

Les éditions Ki-oon font ici d’une pierre deux coups avec la sortie simultanée des deux premiers tomes de Les Fleurs du Mal, histoire de nous toucher bien plus profondément. On ne peut pas rester insensible à l’histoire qui nous est racontée au travers de ces deux premiers tomes. Reste à savoir comment le scénario va évoluer mais je peux d’ores et déjà vous dire que ce n’est pas une histoire à l’eau de rose. Je ne sais pas vous, mais à la lecture du synopsis tout peut porter à croire qu’on soit en possession d’une œuvre mettant en avant les chamailleries de jeunes collégiens. Mais croyez-moi quand je vous dis qu’on est bien loin du compte et que les événements affichés ici vont bien au-delà de ce que l’on pourrait imaginer de prime abord.

AKU NO HANA © Shuzo OSHIMI / Kodansha Ltd.

Pour faire simple, l’histoire met en avant des moments de la vie qui peuvent être difficiles voire troublants pour un jeune adolescent. En somme, Takao, jeune garçon plutôt banal dans sa nature d’être et féru de lecture, va se faire martyriser par une jeune fille du nom de Sawa. Cette dernière va même aller jusqu’à lui faire du chantage, un chantage qui n’a rien avoir avec un échange monétaire ou du même acabit mais plutôt d’ordre moral. Situation qui peut devenir bien périlleuse et c’est peu dire. Takao est alors renfermé sur lui-même, le voyant dans l’obligation d’abdiquer face à cette jeune fille qui prend un mal fou à le torturer psychologiquement. On constate d’ailleurs l’aspect et les émotions ressentis de chacun de ces deux personnages principaux sur les jaquettes de chaque tome où dans le tome 1 Sawa apparaît souriante, à l’allure bien sûre d’elle affichant même un regard sournois et pervers à la fois. De son côté, Takao fait la une du tome 2 avec un air radicalement différent, la peur au ventre à se tenir l’épaule, affichant un regard assez triste, voire angoissé. Les jaquettes parlent d’elles-mêmes et donnent le ton sur le caractère de nos jeunes collégiens.

Les Fleurs du Mal évoquent assez bien les difficultés et même les humiliations qu’une jeune personne peut subir à l’âge adolescent, une période qui peut être perçue et vécue de manière compliquée tant les changements physiques et d'attitudes sont nombreux. Certes, le jeune Takao, qui a tout de même volé les affaires de sports de Nanako, m’a fait mal au cœur à de nombreuses reprises mais le personnage qui m‘intrigue le plus reste Sawa. Par moments, j’ai l’impression que son regard est à la limite de la perversion et il en va de même pour son attitude. Cette jeune fille est assez intrigante et on ne sait pas trop comment la cerner par moments surtout quand on la voit sourir. C’est ce qui m’a plus ici dans ces deux premiers tomes de Les Fleurs du Mal, une histoire proposant diverses situations assez intrigantes. Comme évoqué, la série compte un total de 11 tomes, la suite des événements s’annonce assez intéressante et je me demande bien ce qu’il va pouvoir arriver à Takao mais aussi à Sawa. Est-ce que la situation va s’inverser ? Va-t-elle empirer pour Takao ? D’autres éléments perturbateurs vont-ils s’immiscer dans cette histoire ? Tant de questions possibles…



Je peux dire avoir apprécié ma lecture et cette découverte que vous pouvez donc retrouver aux éditions Ki-oon. L’ambiance est oppressante par moments avec des vignettes qui vous retournent l’esprit pour ensuite laisser place à de plus belles scènes qui savent jouer avec les émotions de son lecteur. On profite à ce moment-là de belles doubles pages qui apaisent votre esprit préalablement tourmenté. Vous êtes alors touché en plein cœur. J’apprécie beaucoup le côté graphique de la série, assez simple mais où les expressions du visage marquent leurs importances. Shuzo Oshimi nous offre avec Les Fleurs du Mal une œuvre très poignante, légèrement violente de par quelques gestes physiques et du comportement moral de Sawa avec des dessins très réussis. Les décors sont eux aussi plaisants bien que j’ai trouvé que l’auteur s’attarde davantage sur les protagonistes, leurs attitudes, ou comportements et autres expressions faciales. Cela ajoute alors une pointe de réalisme sur la scène encourue et j’approuve.

L’édition proposée par Ki-oon n’est pas à refaire, la qualité est là, les jaquettes assez épurées proposant très peu de couleurs pour laisser place à un seul personnage. Les Fleurs du Mal est une série assez forte, où la pression monte de manière régulière. Alors que la fin du premier tome est assez intéressante en soi, la fin du second est d’une toute autre nature laissant la psychologie jouer aussi bien sur le mentale des personnages et celui du lecteur n’est pas épargné. Les situations vécues ici sont assez réalistes et on apprécie la manière dont Shuzo Oshimi nous les présente.

« Shuzo Oshimi nous présente de manière simple et réaliste des aléas de la vie difficiles à vivre lors du passage à l’âge adolescent. Ces deux premiers tomes de Les Fleurs du Mal imposent un ton assez difficile au climat très tendu pour un récit incroyablement bien mis en scène. »
GeeKritique de Samy Joe


Titre : Les Fleurs du mal T1
Auteur : Shuzo OSHIMI

Parution : 12-01-2017
Format : 11,5 x 17,5 cm
Nombre de pages : 192
Prix de vente : 6,60 €

Tomes parus en VO : 11 (série terminée)



Résumé du Tome 2 :
Dans un élan de courage, Takao propose à Nanako de l'emmener chez son bouquiniste favori un week-end. Suspendu aux lèvres de la jeune fille, il en oublie de regarder où il met les pieds... Heureusement, alors qu'il est sur le point de valser dans les escaliers, sa muse le sauve et accepte l'invitation d'un même mouvement ! Mais la chute n'en est que plus dure quand l'adolescent découvre la présence de Sawa au bas des marches. Sa tortionnaire a tout entendu, et elle compte bien profiter de l'occasion pour forcer Takao à dévoiler ce qui est enfoui au plus profond de lui...

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