jeudi 7 juin 2018

[TEST] The Fall, part 2: Unbound sur Nintendo Switch

Après un premier opus très réussi, que nous avions eu le plaisir de tester sur WiiU, le studio canadien Over the Moon nous revient avec ce deuxième épisode de la trilogie intitulé « The Fall, part 2: Unbound ». Après 4 ans d’absence, il est l’heure pour ARID, l’IA de la combinaison exosquelette de type Mark-7 dont nous avions fait connaissance, de revenir sur le devant de la scène. La suite de son aventure sera-t-elle à la hauteur tant au niveau scénaristique qu’au niveau du gameplay ?


LE SCÉNARIO, LA GRANDE FORCE DE THE FALL !
Si vous n’avez pas eu l’occasion de jouer au premier épisode de la saga, sachez qu’il n’est pas obligatoire de le refaire, le jeu ayant été pensé pour être accessible même aux joueurs n’ayant pas eu l’occasion de terminer le premier opus. Ainsi au début du jeu, il vous sera proposé de voir un résumé de l’épisode précédent. Le résumé est suffisant pour pouvoir appréhender le jeu dans de bonnes conditions mais je ne saurais que trop vous conseiller de faire The Fall premier du nom afin de profiter au maximum de cette suite. Pourquoi ? Tout simplement parce que le premier épisode permet de créer un lien particulier entre le joueur et ARID, ce qui permettra d’appréhender au mieux son évolution au cours des 8-9 heures de jeu que vous proposera ce titre.

L’histoire reprend juste après qu’ARID se soit rendu compte que le capitaine Josephs qu’elle pensait protéger et pour qui elle s’était affranchie de toute règle n’était pas là, que la combinaison dont elle est l’IA était vide. Ne sachant comment justifier les manquements aux règles dont elle avait fait preuve, ARID fût victime d’un effondrement de son système avant d’être physiquement mise au rebut. Mais voilà, un « utilisateur » a décidé d’infecter son système fébrile avec un virus afin qu’elle ne puisse plus faire preuve d’initiative et qu’elle disparaisse à tout jamais. Ne pouvant se résoudre à s’éteindre et en l’absence de directive claire, ARID décide d’en mettre une nouvelle en place. Ce sera sa sauvegarde à tout prix. Profitant d’une faiblesse dans le confinement mis en place par l’« utilisateur », ARID parvient à se réfugier sur le réseau où elle n’aura de cesse que d’assurer sa survie tout en traquant cette personne qui lui veut tant de mal. Dans sa quête, elle pourra s’appuyer sur l’aide de trois autres IA aux caractères très différents.

Je ne vous en dévoilerai pas plus afin de ne pas spoiler l’histoire. Sachez simplement que le scénario, bien qu’en léger retrait par rapport au premier opus, est une fois de plus extrêmement bien ficelé. Les interrogations et les aspects philosophiques liées au développement des intelligences artificielles y ont une place importante mais sont amenés de manière très fine au sein de la narration. Les personnages qui au départ peuvent sembler creux, sans réel intérêt, laissent apparaître au fur et à mesure une profondeur insoupçonnée.


TOUJOURS À LA CROISÉE DES GENRES.
The Fall part 2 se trouve toujours à la croisée des chemins entre Point & Click, Puzzle Game, jeu narratif et jeu d’action. Cette caractéristique ayant fait le succès du précédent volet, elle a bien évidemment été reprise pour notre plus grand bonheur. Au niveau du gameplay, rien de bien nouveau : l'utilisation des deux sticks et de plusieurs boutons sont toujours nécessaires : le stick de gauche permet de se déplacer alors que le stick droit permettra d'éclairer l'environnement avec une lampe torche. Les bouton R et ZR permettront de tirer deux types de projectiles différents afin de se débarrasser des ennemis rencontrés. Le bouton L permet de verrouiller une cible afin de faciliter son élimination. À noter qu’une fois encore, il est possible d’effectuer des sauts. Ceux-ci vous permettront de vous déplacer dans certaines parties du réseau mais également d’être plus mobile lors de vos rencontres avec des ennemis.

Votre torche à la main, il vous faudra scruter les moindres recoins afin de dénicher les zones d'interactions qui vous permettront d'en apprendre plus sur l'histoire, de récupérer des données nécessaires à la poursuite de votre aventure mais également de vous interfacer avec une des trois autres IA qui vous autoriseront à intégrer leur corps afin de vous venir en aide.

Les IA rencontrées baignant dans des univers différents, leurs caractères, les interactions, environnements et ennemis seront spécifiques. Ainsi, alors qu’ARID se défait des gêneurs grâce à son pistolet, un autre sera spécialisé dans le combat à main nu. Là où ARID ferait preuve d’une extrême fermentée pour obtenir ce qu’elle désire, d’autres seront plus tournés vers la psychologie. Et ce ne sont là que quelques exemples. Les interactions entre ARID et ces trois autres personnages ne seront pas sans conséquence puisqu’elles feront évoluer les protagonistes tout au long de la trame narrative.


Si vous aviez aimé vous creuser les méninges dans le premier opus, rassurez-vous, cela sera encore le cas ici mais à une différence près : il n’y a plus d’énigmes tirées par les cheveux qui peuvent vous bloquer. Tout y est plus logique, basé sur l’observation et la bonne compréhension des dialogues et des descriptions des éléments du décors que vous avez pu observer. Le jeu n’est pas devenu plus facile mais il est plus cohérent et permet d’éviter de trop longues coupures dans la narration.

Vous l’aurez compris, globalement au niveau du gameplay on est dans du bon, voir du très bon même si on peut reprocher un gros manque de précision dans l’exploration de l’environnement à l’aide de la lampe torche ainsi qu’une certaine rigidité dans les déplacements du personnage. Sur ce dernier point, il y a cependant un net progrès par rapport à ce que nous avions pu connaître précédemment, l’équipe d’Over the Moon ayant considérablement amélioré ce point.

Autre grosse ombre au tableau, en ce qui me concerne, ce sont les combats. Dans une très grande majorité des cas, ils n’apportent absolument rien à l’histoire voire il la desserve. En effet, alors que certains combats sont très faciles d’autres sont relativement difficiles et vous imposeront d’essayer plusieurs fois avant de pouvoir continuer votre route. Pour ma part, j’ai perçu ces passages de « die and retry » comme une façon d’allonger artificiellement la durée de vie de ce titre bien plus orienté narration qu’action dans son esprit et sa réalisation. Heureusement, le studio vous proposera dès le début de choisir entre deux modes de jeu : un « Standard » et un « Facile » pour les personnes privilégiant la narration au combat. Dans ce deuxième mode, les combats sont toujours présents mais plus courts et plus abordables. Si vous avez un doute concernant le mode de jeu, prenez « Standard », il vous sera toujours possible de le modifier à n’importe quel moment depuis le menu des paramètres.


UNE BELLE RÉALISATION PAS EXEMPTE DE DÉFAUTS.
Esthétiquement, The Fall part 2: Unbound reste dans l’esprit de son prédécesseur. On retrouve ainsi les menus épurés très typés années '80 avec leur style "lignes de commande", des graphismes relativement simples, sans extravagances mais toujours en phase avec la narration. Ainsi, à chaque IA qu’ARID rencontrera correspondra une atmosphère, une ambiance. Ces ambiances extrêmement réussies reflètent bien la personnalité de chacun et participent à la mise en place d’un univers vraiment singulier.

Au niveau musical, à part quelques rares morceaux plus irritants que mélodiques, le reste de la bande son se révèle malheureusement assez discret, sans grande saveur et parfaitement oubliable. Mais si la musique n’est pas à la hauteur, ce n’est clairement pas le cas du doublage en anglais qui est vraiment réussi et qui apporte énormément à l’atmosphère générale du jeu et à l’immersion du joueur.

Enfin, de très gros progrès ont été faits au niveau des sous-titres puisqu’à l’exception de quelques rares « coquilles » rencontrées durant le jeu, ils sont de très bonne qualité.


JAMAIS DEUX SANS TROIS.
J’avais adoré The Fall premier du nom et attendais donc cette suite avec impatience. Autant le dire tout de suite, j’ai beaucoup aimé mais l’amour n’a pas été immédiat. Pourquoi ? Parce qu’entre les deux, l’univers change énormément, on passe d’un environnement désolé, sombre et étouffant qu’était la planète à l’univers froid, relativement vide et lumineux qu’est le réseau. Les premières minutes, on est donc dans le doute et puis, on se remet à explorer, on découvrir les premiers terminaux qui nous distillent l’intrigue et nous donne envie de comprendre ce qui se trame. Et enfin, quelques minutes plus tard, une fois que l’on commence à rencontrer les IA, on se réalise que l’on est déjà accroché et que nos craintes se sont dissipées sans que l’on s’en rende compte.

Si vous aviez aimé the Fall, vous ne serez pas déçu. Moi en tout cas, je ne l’ai pas été. Certes, la fin est un poil en retrait puisqu’elle est un peu plus convenue que la précédente et qu’elle ne nous laisse pas sur un cliffhanger à couper le souffle mais les perspectives narratives et les enjeux qui se dessinent sont des plus intéressants et j’attendrais avec impatience qu’Over the Moon sortent la conclusion à cette saga. J’espère juste que l’attente ne sera pas de quatre ans !

Test de Ikekreham


Toutes les images de gameplay publiées dans ce test sont issues des sessions de jeu d'Ikekreham.

Ce qu’on a aimé :
  • La qualité de l’écriture et du scénario
  • Un univers toujours aussi immersif et prenant
  • Les doublages sont très bons et apportent beaucoup à l’ambiance
  • Des environnement plus variés grâce à la rencontre des autres IA
  • Le possibilité de limiter les combats afin de gagner en fluidité au niveau du récit
  • La durée de vie plus conséquente

Ce qu'on a moins aimé :
  • La bande son qui ne restera pas dans les mémoires
  • Les combats qui n’apportent globalement pas grand chose au titre
  • Une histoire légèrement en retrait par rapport à l’épisode précédent
  • Le contrôle des personnages toujours un peu rigides

Prix : 14,20€
Genre : Point & Click, Puzzle Game, Action
Taille : 806.35 MB
Développeur & Éditeur : Over The Moon

Test réalisé depuis une version presse gracieusement fournie par les développeurs et l'éditeur.

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