mercredi 26 septembre 2018

[TEST] Figment sur Nintendo Switch

« Les souvenirs s’interprètent comme les rêves. » de L. Langanesi. Quelle magnifique citation et surtout de circonstance, pour commencer le test du jeu d’aujourd’hui. Les souvenirs et les rêves auront un rôle très important tout au long de ce test, du moins... Est-ce que cela est vraiment arrivé... ?


Figment est un jeu indépendant d’action-aventure, avec des phases de puzzle, le tout étant sublimé d’une 3D isométrique du plus bel effet. Il est édité et développé par Bedtime Digital Games. Le jeu est sorti initialement sur Steam en 2017 et sur la version qui nous intéresse aujourd’hui, sur Nintendo Switch le 28 juin 2018.

Pour une fois, lors d’un test que j’écris pour JeGeekJePlay, l’histoire est au centre même du jeu, tandis que le gameplay est très basique. Justement, je pense qu’avec les deux derniers tests, vous commencez à comprendre ce qui me botte vraiment dans un jeu. Bien évidemment le gameplay est important, mais mon côté cinéphile verra toujours en premier lieu l’histoire et quelle magnifique petite histoire !

Figment commence sur un brouillard. Nous entendons des sons, plus particulièrement une conversation entre un enfant et ses parents. Au vu des bruits ambiants, ils se trouvent dans une voiture et le temps à l’extérieur paraît très mauvais, bon déjà on sent que ça va pas bien se terminer cette histoire. Ce qui doit arriver, arrive, toute l’ambiance sonore nous indique qu’un accident se produit, fondu au noir.

Alors oui, j’ai précisé l’ambiance sonore, car tout se passe hors champ. Bon j’imagine que ça permet de mettre de côté des contraintes techniques et de ne pas modéliser et animer la scène qui vient de se dérouler et en soit ce n’est pas bien gênant.

C’est avec notre personnage, Dusty, que l’on croirait tout droit sorti d’un épisode d’Adventure Time au vu de son design, que le jeu débute. Il nous est présenté comme étant très grincheux, limite supportable et pourtant il va de lui même se jeter dans l’aventure. Dusty sera accompagné de son amie Piper, un petit oiseau qui comme tout bon compagnon se verra vite devenir une Navi en puissance.

Nos deux compères feront face à l’antagoniste de notre histoire le Cauchemar, avec un C majuscule, il semble pouvoir diriger l’endroit où nous nous trouvons, grâce à ses pouvoirs. Il sera lui même accompagné de deux autres vilains, que l’on peut comparer à des peurs primaires.

Un joli monde onirique où Dusty (en haut à gauche) devra réussir à résoudre des énigmes.

C’est ainsi que Figment nous présente son univers, les objectifs à atteindre et surtout son histoire. Car oui, en dehors des objectifs, à savoir : réussir à battre le Cauchemar... Oups, spoiler...

L’histoire est bien plus profonde qu’elle en a l’air, avec de nombreux sens de lecture et c’est ce qui est très intéressant sur ce Figment. Par son aspect très enfantin dans son design, beaucoup de questions très sérieuses se posent. Plus on avance dans l’histoire, plus de questions se posent, quand à savoir ce que l’on fait vraiment là.

À plusieurs reprises je me suis dit, « Mais.. On est vraiment dans Vice-Versa vu et corrigé par un Tim Burton ou un Henry Selick ! » tellement certains aspects de l’histoire sont glauques mais pourtant à fond dans l’idée de ce qu’il se passe dans notre tête. Car oui, si vous n’aviez pas encore compris, nous allons devoir nous battre contre nos propres peurs et surtout comprendre pourquoi cette scène introductive, alors que le jeu ne semble pas revenir sur ce qu’il s’est passé.

L’aspect ‘Vice-Versa’ est d’autant plus marqué avec ces « Mémembranes » 
qui rappelle les souvenirs dans le film d’animation de Pixar.

Est-ce que cependant je conseillerai ce jeu à un jeune public, au vu de son univers onirique ? Tout comme un très bon film d’animation Pixar, ou un film de ces deux réalisateurs précédemment cités, tout dépendra de la sensibilité de chacun et surtout des enfants, car malgré un début d’histoire bon enfant, le jeu nous montre qu’il en a bien plus à dévoiler que ce que l’on peut croire. Il y a des scènes assez violentes dans le fond et un sens de lecture assez dur. Cependant, pour ce qui est de la prise en main du soft, il n’y aura aucun souci à se faire ! Non mais quand je vous dis que je travaille mes transitions !

Comme je le disais en introduction, les développeurs ont préféré misé sur la narration que sur le gameplay, selon moi. Car ce dernier est très basique, déjà, nous sommes en vue 3D isométrique, ce qui implique finalement un esprit 2D dans les déplacements.

Ensuite, un bouton d’action, pour activer, utiliser des objets, un bouton pour notre arme, d’ailleurs scène amusante où notre héros trouve son épée, je vous laisserai vous délecter de se passage rempli de références, et enfin, un bouton pour esquiver.

Un exemple de référence parmi tant d’autres !

Après, je ne dis pas que c’est mal fait, bien au contraire tout est très bien exécuté, là où je veux en venir surtout c’est que c’est assez pauvre. Mais, car oui, il y a un mais. L’aspect le plus intéressant dans ce gameplay concerne les phases de puzzle. Bon, ce ne sont pas des puzzles très compliqués, on va se le dire tout de suite, mais cela apporte un plus indéniable au jeu. Je trouve qui plus est que cela ajoute une cohérence totale à l’histoire. Quand on finit par comprendre où se déroule notre aventure, qu’il y ait des puzzles tombent sous le sens !

L’exemple des puzzles affreux...

D’ailleurs, le monde dans lequel se déroule Figment, est découpé en 4 vraies grandes zones. Celle du début que l’on pourrait lier avec le hub principal, deux mondes pour deux peurs primordiales et la zone finale du Cauchemar. Ce qui rend le jeu très rapide, il ne vous faudra pas plus de 7h pour en venir à bout.

En revanche, je me permettrai de noter un petit point qui m’a surpris sur la fin du jeu. Autant, dans son ensemble, aussi bien pour la partie action que la partie puzzle, Figment est assez simple, autant arriver au dernier monde... Celui-ci est bien plus difficile, avec des phases d’esquives au temps imparti de façon à bien serrer les fesses ! Malgré tout, cela reste très abordable et agréable pour les néophytes, notamment sur l’esthétique complet du jeu.

Remettons-nous dans le contexte d’un jeu en 3D isométrique. Le personnage est en 3D et se déplace librement sur un espace défini en 3D, cependant la 3D isométrique implique, le plus souvent des graphismes en 2D relief. Alors oui, dit comme ça c’est très étrange, mais j’y viens !

Tous les décors ont été dessiné et il n'y a pas à dire... C’est magnifique. Chaque décor regorge de détails et tout est extrêmement soigné. Je ne m’attendais pas finalement à craquer autant sur des décors, il m’arrivait de m’arrêter simplement pour profiter de ce que les développeurs, en tout cas les graphistes, ont pu nous offrir là. La 2D est clairement un art maîtrisé pour Bedtime Digital Games et ce mélange utilisant la 3D des personnages et des ennemis est rondement bien mené. Tout est très cohérent dans cet univers qu’est Figment, je pense pouvoir réutiliser la comparaison que j’ai faite plus tôt dans ce test avec Adventure Time, c’est tout aussi beau, cohérent et bien travaillé. Et si ce n’était que ça... 



Figment a encore une autre corde à son arc, c’est sa bande son ! À plusieurs reprises il y aura des chansons, qui seront chantées par les antagonistes, mention spéciale à la dernière chanson du Cauchemar, bon dieu que ça fait du bien de voir des studios de jeux travailler avec de « vrais » compositeurs. Des thèmes marquants vous en aurez et je pense, sans trop m’avancer, que vous prendrez plaisir à ré-écouter certaines chansons et musiques, tant celles-ci sont bien composées.

Pour conclure, Figment est un jeu indépendant vraiment très chouette, rempli de bonnes surprises, alors oui, certains aspects seront déjà-vu, notamment le gameplay qui suis un style d’action-aventure, vu et revu, mais qu’est-ce que cela importe quand l’histoire et tout l’habillage esthétique suit derrière ? Quand je vous disais que j’ai du mal à être objectif quand l’histoire d’un jeu me parle ! Je pense clairement que Figment pourrait être le genre de jeu avec un minimum de gameplay à faire découvrir aux néophytes du jeux vidéo, afin de leur montrer que l’on peut raconter une histoire avec un jeu. Évidemment certains jeux auront déjà occupé cette place de découverte, mais dans tous les cas je vous conseille Figment, qui est passé non loin du petit coup de cœur.

Aussi, vous pourrez retrouver ce titre sur les plateformes de téléchargement de votre choix, à savoir Nintendo Switch et PC au prix de 19,99€.

Test de MysticFalco


Ce qu’on a aimé :
  • L’histoire touchante et remplie de seconde lecture
  • Un aspect esthétique, aussi bien graphique que musical, très bien travaillé

Ce qu’on a moins aimé :
  • Un gameplay un peu pauvre
  • Très court pour le prix...

Prix : 19.99€
Genre : Action/Aventure - Puzzle
Taille eShop : 1 114,64 MB
Développeur/Éditeur : Bedtime Digital Games

Test réalisé depuis une version presse gracieusement fournie. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu.



-- Galerie d'images issues des sessions de test de MysticFalco --












Aucun commentaire:

Publier un commentaire