lundi 17 décembre 2018

[TEST] Sinner: Sacrifice For Redemption sur Nintendo Switch

Dans le flot des jeux vidéo apparaissant chaque jour depuis l’avènement de cette discipline, rares sont ceux qui laissent une emprunte ad vitam aeternam. Généralement à cette occasion, c’est un pan entier de l’industrie qui emboîte le pas, s’inspirant plus ou moins du travail réalisé par quelques pionniers. Simple opportunisme mercantile, réelle volonté d’apporter une pierre à l’édifice ou encore hommage sincère, l’exercice n’en reste pas moins délicat, d’autant plus que toute une communauté de joueurs et joueuses ne se privera pas d’en effectuer la critique comparative.


Avant toute chose, sachez que dans l’optique de ne pas « spoiler », les différents Boss du jeu ne seront pas présentés via les captures d’écran qui agrémentent ce test, ce qui n'est pas le cas du trailer. Libre à vous donc de visionner ce dernier ou non.

Il n’est pas question dans ce test de vous faire la présentation d’un titre majeur mais plutôt d’un jeu s’inspirant grandement d’une série iconique de cette dernière décennie, à savoir celle des Dark Souls. Son nom, Sinner: Sacrifice For Redemption, un jeu développé par Dark Star Games Studios apparu en septembre 2018 aussi bien sur la console hybride de Nintendo que sur PC, PS4 et Xbox One.

Autant l’indiquer de suite, que ce soit la prise en main, sa difficulté ou tout simplement l’ambiance générale du titre, tout ou presque fait irrémédiablement penser à Dark Souls. Même si son inspiration est éloquente, il n’en reste pas moins que Sinner se veut être une expérience originale. Ici le joueur incarne Adam, un guerrier à l’esprit assombri et coupable de grands péchés en quête de rédemption. L’aventure consiste, sous couverture d’expiation, à exterminer sept entités, soit autant de péchés capitaux : l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la paresse et le dernier la gourmandise. Vous l’aurez sans doute deviné, Sinner est ce que l’on appelle communément un « Boss Rush » et pour simplifier un maximum, il est un mélange entre Fury et Dark Souls.

Adam doit donc relever sept défis mais pour se faire, il devra sacrifier une compétence avant de prétendre à l’affrontement et rencontrer au final, un huitième protagoniste. Là où la grande majorité des jeux propose une montée en puissance du personnage, Sinner tente l’approche inverse : démarrant tel un guerrier tout puissant, celui-ci se voit affaibli et délesté de certaines de ses capacités au fur et à mesure de l’aventure. Cela peut être une puissance d’attaque amoindrie, un usage des consommables réduit ou encore une capacité d’auto-guérison supprimée. Seul compensation à ces malus, une hausse des points de vie après chaque victoire. L’idée de « downgrade » est originale d’autant plus qu’une subtilité rend la chose encore plus attrayante voir sadique, c’est selon… Le jeu n’impose aucun déroulement précis, les ennemis peuvent être affrontés dans n’importe quel ordre, c’est donc au joueur de faire le choix du bourreau et du sacrifice associé, en somme, libre à lui de choisir sa punition.


Au début de son aventure, notre chevalier est en possession d’un équipement relativement complet : un éternel couple épée/bouclier, une longue épée à deux mains et quelques raffinements comme des lances ou encore des bombes incendiaires. S’ajoute à cet arsenal, des fioles d’estus, pardon, des fioles de soins et la possibilité d’appliquer un sort de feu aux armes. Assurément une impression de déjà-vu s’installe peu à peu et ce n’est pas le didacticiel proposé en début de périple qui fera contradiction : la liste des mouvements d’Adam est quasi similaire au titre de From Software. On y retrouve l’indispensable roulade, la possibilité de courir, bloquer et parer. Suite au didacticiel, s’ouvre au joueur un « hub » central où sont érigées sept stèles, chacune proposant son boss respectif.

Quand un studio fait la proposition d’un jeu comprenant d’aussi nombreuses similarités avec un titre référence, les joueurs sont en droit d’exiger au moins l’équivalence voir mieux ne serait-ce qu’en terme de gameplay. Manette en mains, la surprise est belle, les sensations sont très bonnes voire excellentes. Réussir une parade fait toujours autant plaisir, le sentiment de puissance apporté par chaque coup est bien retranscrit et le personnage se déplace de manière convaincante. Le travail des développeurs sur ce point précis peut difficilement être mis à défaut. Les combats sont haletants et exigeants, la pression palpable et bien évidement la mort n’est jamais très loin. Nullement insurmontable, Sinner propose cependant un niveau de difficulté assez relevé et comme souvent dans ce genre de jeu, le joueur apprend de ses échecs. Après chaque tentative, il grappille toujours un peu plus la barre de vie adverse, jusqu’à la victoire qui soit dit en passant est sans conteste une belle source de satisfaction.


Bien que ce test ne comporte aucune image des ennemis présents dans le jeu, sachez qu’ils offrent pour la plupart un beau challenge, certains impressionnent par leur taille et la puissance de leurs attaques alors que d’autres mettront les réflexes à l’épreuve avec leurs facultés à se mouvoir et à enchaîner les attaques rapidement. Le joueur pourra également se retrouver face à plusieurs ennemis durant certaines confrontations ou encore faire face à des transformations. Dans tous les cas, chaque boss propose différentes phases de jeu selon le pourcentage de vie restant, des phases qu’il faut analyser et contrer intelligemment pour espérer terrasser les assaillants avec panache. « Die and retry », mourir encore et encore en quête de victoire, voilà ce qui attend le joueur. Cependant arrive ici le gros point faible du jeu malgré toutes ses bonnes intentions. Après chaque mort, vingt longues secondes seront nécessaires pour reprendre Adam en main, même si cela à l’air peu, c’est bien assez pour que certains joueurs cessent l’aventure purement et simplement... Dans un titre où la mort est omniprésente, devoir patienter de la sorte est difficilement acceptable : c’est d’autant plus regrettable que cela pénalise forcement l’expérience de jeu. Lot de consolation abusé, ces temps de chargement laissent au joueur la possibilité de réfléchir sur une mort prématurée et d’établir une nouvelle stratégie pour un potentiel retour fracassant.

Au niveau de son visuel, Sinner propose une ambiance générale agréable à l’œil sous les traits d’un univers « Dark Fantasy ». La direction artistique prise par les développeurs fait preuve de cohérence, les environnements et le bestiaire sont convaincants bien que parfois peu originaux. Tout au plus, on pourrait critiquer certaines arènes un brin trop épurées mais dans sa globalité la D.A. reste de bon goût. Mais que penser du chevalier Adam ? Sous ses airs d’enfant soldat, il a véritablement eu le bénéfice d’un excellent travail de character designer, le soin apporté aux détails de l’armure est particulièrement réussi rendant au final le personnage très attachant. La partie sonore est également de bon niveau, les musiques collent très bien à l’ambiance lugubre et épique du jeu. Cependant on ne peut pas en dire autant du mixage audio. En effet, celui-ci comporte quelques bizarreries : certains effets ont la fâcheuse tendance à percer les tympans tant le niveau sonore est élevé comparativement au reste… Vous voilà prévenu sur ce point.


Techniquement, cette version Nintendo Switch n’est malheureusement pas sans défaut que ce soit en mode portable ou TV. En plus de faire preuve de patience, le joueur devra également faire avec un peu d’aliasing et de flou, tout en fermant les yeux sur certaines textures ayant parfois peine à s’afficher dans les temps. Fort heureusement pendant le test, rares ont été les ralentissements durant les phases de combats et à la vue de l’exigence du gameplay, cela aurait été un point rédhibitoire. Malgré tout, une chute de framerate se fait sentir lors de l’apparition du titre de l’arène, au tout début de certains affrontements. En dépit de ces problèmes, l’expérience reste agréable, l’aspect visuel est plaisant et Adam répond sans latence aux sollicitations. Même si la Nintendo Switch n’est pas un monstre de puissance, certains studios ont montré qu’il est possible de faire de très belles choses, là où Sinner se montre juste dans la moyenne et présente quelques carences. En ce qui concerne la durée de vie du titre, comptez moins d’une dizaine d’heures de jeu mais bien évidemment tout dépendra de vos capacités manette en mains ! D’ailleurs, histoire de récompenser vos actes, le jeu propose deux friandises en guide de NG+. Un mode défi au challenge cauchemardesque, qui consiste à enchaîner les ennemis dans une seule et même arène ainsi que la possibilité d’équiper Adam avec les armes utilisées par les boss, rien de plus, rien de moins.

Bien que parsemé de bonnes intentions, Sinner: Sacrifice For Redemption laisse malheureusement derrière lui les traces d’un manque d’optimisation. Malgré des qualités indéniables, le jeu est à réserver à ceux et celles souhaitant retrouver le challenge et les sensations au combat proche d’un Dark Souls. Pour les autres, le titre est un peu plus difficile à conseiller, l’expérience originale étant mieux adaptée aux nouveaux arrivants et au final bien plus complète.

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • La direction artistique, l’ambiance « Dark Fantasy »
  • Le challenge relevé
  • Les sensations en combat
  • Le personnage d’Adam

Ce qu’on a moins aimé :
  • Les temps de chargement
  • La technique perfectible
  • Le mixage audio sur certains effets


Prix : 18,99 €
Genre : Boss Rush, Action
Taille eShop : 12,75 Go
Développeur / Éditeur : Dark Star Games Studios / Another Indie Studio

Test réalisé depuis une version gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de mes propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

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