mardi 8 janvier 2019

[TEST] The Final Station sur Nintendo Switch

Grâce à l’essor de la scène indépendante du jeu vidéo, le grand public a pu découvrir ces dix dernières années un large catalogue de jeux s’éloignant des productions financées à coup de million de dollars manquant parfois d’originalités. Qu’ils soient portés par un concept ingénieux ou une envie de « retour aux sources », ces titres prennent une place de plus en plus importante dans le paysage vidéoludique actuel, apportant par la même occasion un vent de fraîcheur non négligeable à toute une industrie.

Vous vous en doutez, il ne sera pas question dans ce test de vous présenter le dernier « triple A » en date mais bel et bien ce que l’on appelait hier encore un « petit » jeu, à savoir : The Final Station.


Développé par Do My Best et édité par Tiny Build, le titre mêle habilement action, survie, gestion et narration dans un contexte post apocalyptique. Initialement lancé en 2016 sur PC et porté sur Nintendo Switch en février 2018, ce « side-scroling shooter » a le bon goût de proposer non seulement le jeu original mais également son DLC nommé «The Only Traitor» sorti en 2017.

Un point de suite sur l’histoire qui sans trop en dévoiler fait parti des points forts du jeu. Vous incarnez Edward Jones, un conducteur de trains évoluant dans un environnement portant les stigmates d’une « visite » ayant eu lieu 106 années auparavant. Dans un monde dévasté et en dépit d’une terrible infection transformant peu à peu les citoyens en zombies, vous tentez d’exercer aux mieux votre métier. De retour de congés (certainement bien mérités), votre travail se retrouve perturbé par la récente installation de « bloqueurs ». Ces boîtiers, disposés dans chaque gare en guise de péage, autorisent ou non le départ de votre train, le nommé BELUS 07. Une fois à quai, vous aurez donc pour mission de récupérer les codes permettant de déverrouiller le système pour pouvoir reprendre les rails. Bien évidemment, vos collègues et supérieurs auront cette fâcheuse tendance à s’absenter en omettant de vous communiquer le code, vous laissant comme unique choix d’explorer les alentours de la gare à sa recherche. Sans réelle surprise, vous apprendrez assez vite que cette tâche n’est pas de tout repos…

Esthétiquement, The Final Station surfe sur la vague des productions 2D minimalistes en pixel art. Ce parti pris peut bien évidemment déplaire mais force est de constater que le résultat est flatteur notamment quand on en vient à observer les détails qui agrémentent l’univers du jeu. Entre les différents plans gérés habillement, les quelques effets bien amenés comme la pluie, les néons qui explosent sous l’effet des tirs ou encore des journaux s’envolant au gré du vent, on imagine bien que les développeurs ne se sont pas contentés du minimum syndical et proposent ici un visuel soigné qui se révèle très agréable. Ajoutez à ces éléments visuels, une bande sonore discrète mais de bon goût et vous obtenez un enrobage de qualité contribuant grandement à l’ambiance du jeu sous réserve que l’on aime le style.


Concrètement, le jeu propose deux phases de gameplay distinctes, l’une se déroulera uniquement à bord du train tandis que l’autre sera l’occasion de gambader aux alentours des nombreuses gares. Abordons tout d’abord, la phase d’exploration qui représente la plus grosse partie. Sous couvert de récupérer les codes, vous serez amené à rencontrer différents PNJ, qu’ils soient collègue, citoyen lambda, scientifique ou encore militaire. Cette partie importante du jeu, vous permettra non seulement de récupérer des informations précieuses sur la situation mais également de venir en aide à certains civiles, qui le cas échéant feront un bout de chemin à bord de votre train. Évidemment, ce cher Edward ne se contentera pas d’explorer et bavarder tranquillement mais devra également faire face à de nombreux infectés qui tenteront inlassablement de lui ôter la vie.

Récupérant assez tôt dans la partie un revolver puis d’autres friandises, vous vous rendrez vite compte que ces armes seront vos meilleurs alliés ou presque… Dans un monde dévasté, les ressources se font malheureusement rares et il sera indispensable d’utiliser vos munitions avec parcimonie ainsi que les éléments du décor à bon escient (chaises, caisses, etc…) sous peine de devoir combattre à mains nues. Que ceux et celles qui s’attendent à une action frénétique passent leur chemin car dans les faits, le titre est relativement posé et se plaît à distiller son action et son histoire par petites touches.


Bien que le rythme de jeu ne soit pas très rapide, manette en mains il est aisé de prendre plaisir à fouiller les moindres recoins en quête d’items et quand la situation l’exige de faire parler la poudre. De plus, il subsiste toujours cette appréhension de tomber nez à nez avec un ennemi en ouvrant une porte ou encore un placard apparemment anodin, ce qui contribue grandement à l’ambiance du jeu et met une certaine pression sur le joueur.

Profitons-en d’ailleurs pour faire un point sur le bestiaire qui soyons franc est ici plus que limité puisque seul quatre types d’ennemi sont présents. Fort heureusement, chacun dispose d’une particularité obligeant le joueur à faire preuve d’ingéniosité dans son carnage. Résultat : les joutes ont parfois l’apparence d’un puzzle game où il est de bon augure d’abattre un ennemi en particulier plutôt qu’un autre.

Côté difficulté, la mort n’est jamais bien loin et il n’est pas rare de recommencer certaines sections délicates. Cependant, n’ayez crainte, le jeu est relativement conciliant sur ce point : votre périple sera jalonné par de nombreux checkpoints qui vous permettront de reprendre la partie non loin de votre précédente défaite.


Comme indiqué précédemment, l’autre phase (synonyme également de répit), se déroule quant à elle à bord du BELUS 07. Dans celle-ci, le joueur devra maintenir en état sa « monture » en gérant les différents systèmes (ventilation, moteur, etc…) mais également prendre soin des passagers à son bord. En effet, ceux-ci ont à disposition deux jauges, une pour la faim et l’autre pour la santé, il sera donc de votre devoir de veiller à leur bien-être en fournissant la nourriture et les soins médicaux nécessaires jusqu’à ce qu’ils atteignent leur destination. En cas de réussite, une récompense vous sera attribuée, ainsi il vous sera possible de récupérer quelques bonus comme de l’argent ou des munitions. C’est d’ailleurs ici qu’une partie gestion entre en jeu : comme la nourriture et les soins sont limités, la distribution ne devra pas se faire à la légère d’autant plus que les « medkits » sont communs aux passagers mais également à vous. En cas de mauvaise gestion, vous devrez donc faire face à des choix moraux… Pour vous aider à la tâche, les développeurs ont intégré un système de « crafting » qui grâce aux objets récupérés pendant vos explorations vous permettra de fabriquer des munitions et des soins. Autant vous dire que cette fonctionnalité est véritablement la bienvenue, facilitant légèrement votre périple. À noter que durant ces courts voyages, les passagers ne restent pas muets, ils n’hésiteront pas à discuter et à commenter la situation levant ainsi le voile sur certains aspects de l’histoire. Malheureusement, il est parfois difficile de suivre les dialogues car soigner, nourrir, surveiller et prendre part aux conversations en même temps n’est pas une mince affaire !

En tout et pour tout, il ne faut que quatre à cinq heures pour terminer l’aventure principale, c’est relativement court mais tout compte fait amplement suffisant. Pour cause, le « train-train » quotidien exploration/gestion ne peut cacher son côté répétitif et une durée de vie supérieure aurait sans nul doute contribuée à un essoufflement gâchant l’expérience. Cependant l’ajout du DLC vous permettra de continuer l’aventure sous un angle nouveau. Dans ce supplément d’environ trois heures, vous prenez le contrôle d’un autre personnage, troquez votre train contre une voiture et parcourez les routes de villes en villes. Dans sa globalité le principe est pratiquement identique mais sans trop en dévoiler, sachez que quelques mécaniques de jeu sont modifiées, que l’histoire se déroule parallèlement à l’originale et que le protagoniste dispose d’une batte de baseball bien pratique !


En guise de conclusion, The Final Station peut être considéré comme une belle surprise, un bon jeu servi par une histoire prenante, une bonne ambiance et un concept original. Aussi bien en mode portable qu’en mode TV, il est véritablement aisé de s’immerger dans cette aventure. D’ailleurs concernant le mode portable, sachez que le jeu prend en charge les fonctionnalités tactile de l’écran. Alors certes, ce n’est pas révolutionnaire ni franchement ergonomique mais cette possibilité de gameplay est présente ce qui est bien assez rare pour être notifiée. Au final, ce jeu prouve encore une fois que les productions indépendantes n’ont pas à rougir face aux mastodontes de l’industrie et proposent aux joueurs et joueuses de bien belles expériences vidéoludiques qu’ils seraient dommage de laisser passer.

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • L’histoire et l’ambiance du jeu
  • La direction artistique
  • Le mélange des genres plutôt réussi
  • La présence du DLC

Ce qu’on a moins aimé :
  • La courte durée de vie
  • Le bestiaire limité
  • La boucle de gameplay répétitive


Prix : 14,99 €
Genre : Action, Survie, Shooter
Taille eShop : 303, 04 Mo
Développeur / Éditeur : Do My Best / Tiny Build

Test réalisé depuis une version gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

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