jeudi 17 janvier 2019

[TEST] Omega Strike sur Nintendo Switch

C’est une évidence, s’il existe bien un genre de jeu vidéo qui ne connaît pas la crise, il s’agit sans conteste du Metroidvania. Fruit de saison par excellence depuis quelque temps, les titres du genre s’enchaînent à un rythme effréné et rares sont les semaines où l’eShop n’accueille pas un ou plusieurs de ses représentants. Développé par le studio Woblyare, Omega Strike se présente sous les traits d’un side-scroller en pixel art mélangeant action et aventure saupoudré d’une pointe de RPG. Après un passage sur PC en 2017, le titre est disponible depuis décembre 2018 sur la Nintendo Switch. Disposant d’une petite singularité, voyons de suite si Omega Strike possède les arguments nécessaires pour se hisser en haut de l’affiche.


Tout commence avec un projet de recherche militaire visant à renforcer les capacités des soldats. Au commande d’une équipe de scientifiques, le brillant docteur Alphonse Omega ne tarde pas à mettre au point un élixir aux effets miraculeux. Satisfaites par les résultats obtenus, les hautes instances militaires entreprennent d’administrer à grande échelle cet élixir aux forces armées. Quelque temps après, apparaissent les premiers effets secondaires transformant peu à peu les soldats en de féroces mutants à la botte du docteur Omega. Dorénavant à la tête d’une armée de mutants, celui-ci se retrouve libre de mener ses folles expériences sur la population. C’est dans ce contexte qu’un groupe de braves combattants est constitué dans le plus grand secret, son but : éliminer le docteur Omega pour mettre fin à son règne de terreur.

Comme vous pouvez le lire, l’histoire ne montre aucune once d’originalité mais un détail attire tout de même l’attention. En effet, Omega Strike ne propose pas de prendre les commandes d’un unique combattant mais bel et bien d’une escouade composée de trois valeureux guerriers. D’un gameplay d’apparence ordinaire pour le genre, le titre tente une approche quelque peu différente (à défaut d’être originale) en misant sur la possibilité de basculer instantanément entre ces trois mousquetaires. Interchangeable via l’appui d’une touche, le joueur aura le choix parmi Sarge, l’archétype du soldat muni d’une mitraillette pouvant se faufiler dans les endroits exigus, Bear, le compagnon plus fort qu’extra-fort maniant un ersatz de lance-grenades qui déplace les blocs de pierre comme pour rire et pour compléter le trio, vient l’habile Dex, armé d’un fusil à pompe pouvant atteindre les sommets à l’aide de son double saut.

Choix des protagonistes, choix des armes, choix des compétences, le tout disponible en une fraction de seconde, voilà un concept qui met l’eau à la bouche. Pourtant, hormis cette mécanique, Omega Strike est d’un très grand classicisme, reprenant allégrement les codes du genre. C’est ainsi que l’on y retrouve l’indispensable carte, les niveaux labyrinthiques interconnectés, les téléporteurs, sans oublier la possibilité d’améliorer ses armes et d’augmenter ses points de vie. Ajoutez à tout cela, quelques quêtes annexes, une ville faisant office de hub central et vous obtenez un titre complet mais sans réelle surprise autre que celle de pouvoir changer son personnage à la volée.


Après un rapide briefing faisant office d’entraînement, vous voilà donc prêt à en découdre face à une armée de zombis et une douzaine de boss. Comme le veut la tradition du genre, l’exploration des 7 niveaux représentera une partie non négligeable du jeu. Rapidement au cours de la partie, le joueur sera confronté à de nombreuses zones inaccessibles faute de posséder les compétences adéquates. Une fois celles-ci récupérées (généralement après un combat de boss), viendra le temps des allers-retours aidé tant bien que mal par votre carte. Uniquement affichable par l’appui d’un bouton, celle-ci n’indique que le strict minimum, à savoir la configuration des lieux et le nombre d’items pouvant y être récupéré. Autant vous dire qu’un travail de mémorisation sera nécessaire pour espérer retrouver certains passages en particulier !

Manette en mains, on se retrouve avec des combattants répondant aux doigts et à l’œil et l’on retire une certaine satisfaction à réaliser son petit carnage contre un bestiaire relativement fourni. Cependant, on remarque également que les sensations manquent d’un peu de peps aussi bien dans les affrontements que dans les déplacements, comprenez par-là que le titre n’est pas ce qu’il y a de plus énergique en la matière même s’il se défend. Autre grief, les compétences obtenues au fur et à mesure du jeu ne sont pas forcément dispatchées idéalement, on se retrouve ainsi avec un Bear sous-exploité au profit d’un Sarge multipliant les compétences usuelles.


Arborant fièrement ses pixels colorés, Omega Strike est un jeu visuellement plaisant. Jouant indiscutablement la carte de la nostalgie, le titre ressemble à s’y méprendre à une production tout droit sortie des années 90. Sous réserve d’apprécier le style, on en viendra à admirer les différents environnements parcourus. Que ce soit les cascades d’une forêt tropicale, les bas-fonds d’une exploitation minière ou encore la froideur d’une base militaire, chacun dispose d’une identité propre non dénuée de charme. Tout au plus, on pourrait reprocher un manque d’animation dans les décors mais le résultat est déjà plus que satisfaisant. Concernant la partie sonore et plus particulièrement les musiques, sachez qu’elles sont composées par Ken Snyder de Scarlet Moon Productions. S’accordant parfaitement à l’esthétique du jeu ainsi qu’aux environnements, celles-ci contribuent agréablement à l’ambiance. Même si les thèmes ne sont finalement pas très marquants, ils ont le mérite ne pas être lassants, ce qui est déjà une très bonne chose. L’ambiance du jeu est donc dans sa globalité de bon niveau d’autant plus que le titre n’est pas avare sur les clins d’œil que ce soit dans ses décors ou encore ses PNJ.

Parsemé de bonnes idées, Omega Strike se montre pourtant décevant sur certains points ayant souvent pour source un level-design peu inspiré. Bien que les niveaux ne soient pas générés de manière procédurale, le joueur aura très vite la désagréable sensation de traverser encore et toujours les mêmes tableaux où seul l’aspect et la configuration de base diffèrent. Résultat, la lassitude pointe le bout de son nez relativement vite et ce ne sont pas les quelques phases de plateformes déjà vues ou les ennemis qui relèvent le niveau. Sur ce point précis, l’unique salut provient des différents items à récupérer qui demandent (parfois) une bonne dose d’adresse pour s’en accaparer.

Autant sur le papier, la possibilité de héros interchangeables est plaisante, autant son exécution n’en reste pas moins gâchée par des environnements qui n’en prennent guère compte. En effet, trop rares sont les moments où il est demandé de switcher à la volée entre les différents personnages. Quand bien même cela est nécessaire, le joueur disposera le plus souvent de tout le temps désiré pour s’exécuter. De plus, sous un prétexte scénaristique, celui-ci se retrouve rapidement seul aux commandes de Sarge, en attendant de libérer un peu plus tard ses deux frères d’armes. Conséquence directe, une bonne partie du jeu se retrouve bridée dans sa mécanique principale. Pourtant, une fois l’équipe au complet et avec quelques compétences supplémentaires, le jeu se trouve bien plus plaisant manette en mains sauf que cela ne concerne malheureusement que la seconde moitié du jeu et encore…


Pour peu que vous ayez déjà touché à ce genre de jeu, sachez enfin que le mode normal d’Omega Strike n’est qu’une simple sinécure. Durant les 6 à 8 heures nécessaires pour accomplir plus ou moins le titre, jamais au grand jamais, celui-ci ne propose de véritable challenge. Pour sûr, on y perd la vie de temps en temps face aux ennemis ou pièges en tous genre. Cependant, quand on cumule l’extension des points de vie, la possibilité d’acheter et de récupérer des trousses de soins et les points de sauvegarde dispatchés dans les niveaux : absolument rien, sauf l’ennui ne pourra vous arrêter ! Quant aux nombreux boss du jeu, sous réserve de posséder quelques soins dans la besace, ceux-ci ne présentent aucune difficulté. Placez-vous devant eux, tirez continuellement, évitez quelques attaques, soignez-vous une à deux fois et le tour est joué. Sans conteste, pour qui veut tenter l’aventure, il est vivement conseillé d’ignorer le mode normal pour se concentrer sur la difficulté supérieure qui offre un challenge légèrement plus relevé.

En conclusion, Omega Strike prouve à ses dépens que le mélange d’excellents ingrédients n’est pas la garantie d’un jeu réussi. Rempli de mécaniques éprouvées, le titre peine à convaincre à cause de son level-design et de son originalité maladroitement exploitée. Finalement, les joueurs et joueuses, élèves de l’école du gameplay aux petits oignons risquent fort de trouver l’expérience tout juste satisfaisante. En ce qui concerne les novices du genre, Omega Strike peut effectivement faire l’affaire mais c’est sans compter sur les innombrables concurrents de qualité qui à coup sûr seront de meilleures compagnies.

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • L’esthétique et la variété des environnements
  • La bande son
  • La variété des armes et des compétences
  • La mécanique de gameplay…

Ce qu’on a moins aimé :
  • … maladroitement exploitée
  • Un rythme de jeu manquant de peps
  • Le level design insipide
  • Un mode normal sans réelle difficulté


Prix : 14,99 €
Genre : Metroidvania, Action, Arcade
Taille eShop : 87,03 MB
Développeur / Éditeur : Woblyware / Digerati

Test réalisé depuis une version gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

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