vendredi 8 février 2019

[TEST] BlazBlue CentralFiction Special Edition sur Nintendo Switch

À travers les différentes générations de consoles, rarement les machines estampillées Nintendo se sont présentées comme étant des plateformes de choix pour les amateurs de jeux de baston en 2D. Cependant depuis l’arrivée de la Switch, il semble que la tendance évolue progressivement dans le bon sens. Après la venue entre autres de Street Fighter 30th Anniversary Collection, du cross-over BlazBlue Cross Tag Battle, sans omettre un certain Dragon Ball FighterZ, force est de constater que le genre se porte relativement bien sur la petite hybride.


Après un excellent portage de DBFZ, les développeurs d’Arc System Works continuent sur leur lancée en proposant un autre grand nom du jeu de combat, à savoir BlazBlue CentralFiction Special Edition (BBCFSE pour les intimes). Saga tentaculaire apparue dans les salles d’arcade en 2008, la série BlazBlue comptabilise pas moins de 4 titres majeurs avec autant de versions améliorées et un bon nombre de spin-offs. Sorti initialement en 2016 sur différentes plateformes, le dernier opus de la série s’offre donc un passage sur Nintendo Switch en ce vendredi 8 Février 2019. Édité à cette occasion dans une édition spéciale, le titre regroupe la totalité des DLC sortis jusqu’à présent, proposant ainsi d’emblée des personnages comme Es, Mai ou encore Jubei. Voyons donc de suite si ce représentant de la baston n’a rien perdu de sa superbe en débarquant sur Switch.

À l’heure où les modes de jeu (notamment solo) sont le plus souvent réduits à peau de chagrin dans l’univers du Versus Fighting, BlazBlue fait un peu figure d’OVNI. Loin de se contenter du classique quatuor Arcade, Training, Versus et Online, le titre propose de nombreux modes de jeu supplémentaires tel que Story, Score Attack, Speed Star et pour finir Grim of Abyss. Ajoutez à cela pas moins de 36 personnages tous aussi différents les uns que les autres (sauf deux), une bonne cinquantaine d’arènes (en comptabilisant les variantes) et vous obtenez un titre au contenu conséquent sans même en évoquer les petits à côté.


Commençons tout d’abord par le mode Story qui sans dévoiler la moindre miette de son scénario pourra surprendre certains d’entre vous, notamment par sa forme. Présentée à l’instar d’un « visual novel », l’histoire se développe via une succession de plans fixes agrémentés de nombreux dialogues. Saupoudrée de rares séquences d’animation et de quelques combats, celle-ci placera le joueur majoritairement en tant que simple spectateur. Sortez les boissons et le pop-corn car cette expérience demandera environ sept heures de votre temps pour en découvrir l’entièreté. Bien que le scénario faisant office de final pour la saga soit plaisant, on pourra sans hésitation faire le reproche de cet enrobage quelque peu frustrant. De plus, les différents dialogues (doublés intégralement en japonais) sont sous-titrés uniquement en anglais, ce qui au passage pourra potentiellement gêner plus d’une personne…


Sans vouloir épiloguer sur le mode Speed Star qui s’apparentent à une variante évoluée d’un classique Time Attack, passons directement au surprenant mode Grim of Abyss. Celui-ci propose d’affronter des vagues d’ennemis entrecoupées de boss intermédiaires et finaux dans plusieurs niveaux à la difficulté croissante. Les différentes victoires sont ici l’occasion de récupérer des grimoires et des compétences permettant d’améliorer les capacités du personnage. Pour faire simple, le protagoniste est équipé d’un grimoire disposant selon sa puissance de différents slots qui peuvent être complétés par des aptitudes diverses (régénération, défense accrue, barre de vie étendue, etc). Au fur et mesure de la progression, le joueur est gratifié d’items plus en plus puissants qu’il faudra combiner avec une certaine malice pour venir à bout d’ennemis disposant eux aussi d’améliorations. Même si la mécanique n’est pas nouvelle et que la navigation dans les différents menus de ce mode est loin d’être limpide, il faut bien avouer que cela fonctionne très bien. Manette en mains, c’est un réel plaisir d’upgrader son personnage favori pour venir à bout des boss parfois bien coriaces…

Comme vous pouvez le lire, BlazBlue CFSE offre un contenu bien généreux. Même le « simple » mode Arcade propose pour la grande majorité des personnages 3 routes différentes, ce qui demandera au joueur d’effectuer une bonne centaine de parties pour en venir à bout. Fort heureusement, vos efforts seront le plus souvent récompensés principalement sous la forme d’artworks. Ceux-ci sont regroupés dans un mode galerie qui vous donne également l’opportunité de dépenser l’argent gagné en jeu pour acquérir de nouvelles illustrations et autres goodies en tous genres.


Côté gameplay, celui-ci s’appuie sur un système à quatre boutons (coups faibles, moyens, forts et drive) commun aux productions d’Arc System Works. Combinés à différentes directions, quart de cercle et autres joyeusetés, les possibilités offertes par ce système sont très nombreuses. S’ajoute à cela, tout un arsenal de mécaniques offensives et défensives, comme l’Overdrive, le Distortion Drive, le Rapid Cancel ou encore l’Instant Block… La liste est longue, très longue et poussera inévitablement le joueur à passer par le mode entraînement sous peine d’enchaîner les défaites lors des confrontations en ligne ou même contre l’I.A. Bien que le titre jouisse d’un gameplay richement doté pouvant, il est vrai, apeurer les débutants, il s’offre les moyens nécessaires pour rester accessible au plus grand nombre.

Tout d’abord grâce à son mode Practice, regroupant un tutoriel expliquant chacune des mécaniques de la plus simple à la plus complexe, un mode Training ajustable à souhait et un mode Challenge proposant d’exécuter plusieurs séries de combos pour chacun des personnages. Même si ce Practice n’atteint pas l’excellence de celui proposé par Guilty Gear, il offre néanmoins tous les outils nécessaires pour progresser à son rythme et expérimenter ses combos. Vient ensuite la possibilité de choisir entre deux types de contrôle, le premier nommé « Technical » ne présente aucune aide tandis que le second, appelé « Stylish » facilite la prise en main et permet la réalisation de bien belles choses sans pour autant être un dieu du pad. Destiné aux débutants, ce dernier permet de se focaliser bien plus facilement sur les différentes mécaniques en facilitant grandement l’exécution des combos mais également en incorporant une position neutre faisant office de garde automatique. Autre ajout, une touche SP permettant de balancer des attaques spéciales comme pour rire tout en laissant de côté les manipulations pouvant être définies comme fastidieuses. Enfin pour compléter ce tableau, un glossaire est à disposition regroupant pêle-mêle l’historique de la saga, la terminologie usuelle des jeux de baston ainsi que les explications de toutes les mécaniques de jeu.


Sans conteste, maîtriser un personnage dans ses moindres détails et assimiler tous les aspects techniques demandera pas mal d’heures d’entraînement, multipliez ce temps par le nombre de protagonistes et vous obtenez aisément de quoi passer un hiver complet au chaud. Jeu de baston à système par excellence mais qui reste cependant moins exigeant qu’un Guilty Gear, BlazBlue ne dévoilera son réel potentiel qu’aux joueurs et joueuses faisant preuve d’un réel investissement. Après quelques entraînements et divers combats, il sera relativement aisé de prendre un véritable plaisir manette en mains notamment face à un adversaire de niveau similaire et d’enchaîner les rounds avec un petit goût de « on recommence ? » à chaque fin de partie.


Techniquement, après l’excellent portage de DBFZ, nous étions en droit d’attendre de la part d’Arc System Work une copie de BBCFSE tout aussi réussie et fort heureusement c’est bel et bien le cas. En effet, cette version Switch honore avec brio la saga et n’a pas à rougir des versions concurrentes. Le framerate est stable en toutes circonstances que ce soit en mode portable ou TV et les protagonistes répondent aux sollicitations sans broncher. Bien évidemment, le titre ayant à ce jour quelques années, il n’atteint pas le niveau de raffinement visuel de DBFZ ou même de Guilty Gear. Dans les faits, celui-ci se montre moins impressionnant que ces deux « frères » et repose sur des bases que l’on pourrait qualifier de plus classiques. Malgré tout et notamment grâce à sa remarquable direction artistique typée manga, BBCFSE reste dans son ensemble un jeu plaisant à regarder. Certes, vous ne trouverez pas le système 2.5D avec ses rotations de caméra ou encore des décors aux animations multiples mais cela reste tout de même de bon niveau et tout à fait honnête pour le genre. Par contre, même si le jeu tourne très bien en mode portable, il subsiste tout de même un problème et non des moindres puisqu’il concerne la maniabilité.

Sans surprise, les Joy-Con montrent clairement leurs limites et il sera relativement difficile d’espérer sortir des enchaînements complexes. Même si ce n’est pas injouable (notamment en utilisant le mode « Stylish »), le joueur se trouvera très vite bridé dans ses manipulations anéantissant ainsi tout espoir de progresser convenablement. Sans aucun doute, il est vivement conseillé de se procurer une manette pro ou équivalente, et voire pour les plus chanceux un stick arcade. Ces derniers seront à coup sûr de bien meilleurs compagnons. Au niveau sonore, les joutes sont accompagnées par une bande son satisfaisante avec un très bon travail effectué sur les divers bruitages et les voix. Musicalement, hormis quelques exceptions comme le thème d’ouverture, rien de bien sensationnel. Comprenez par-là que même si les musiques accompagnent correctement les combats, elles ne resteront pas bien longtemps en mémoire.


Concernant la partie online, celle-ci n’a malheureusement pas pu être expérimentée à l’heure où ce test est rédigé. La sortie du jeu étant datée au 8 février 2019 en Europe, nous aborderons ce sujet dans les jours suivant cette date. Si l’on se fie uniquement au menu en question, sont disponibles les modes de jeu « Ranked Match » et « Player Match ». Les plus observateurs remarqueront donc que le titre ne propose aucune possibilité de rejoindre un lobbie comme c’est le cas dans les versions PS3/PS4. Espérons sa présence lors de la publication officielle du jeu…

En conclusion et sous réserve que la partie online soit de bon niveau, ce portage de BlazBlue peut être considéré comme étant une franche réussite. Le jeu reste comme au premier jour une valeur sûre toujours aussi plaisante manette en mains qui sera satisfaire les amoureux du genre. À n’en pas douter, son gameplay d’une richesse incroyable et l’énorme contenu associé sont clairement la promesse de longues heures de castagne. Si l’on souhaite comparer le titre à Dragon Ball FighterZ, disons simplement que celui-ci se présente comme étant une alternative plus « classique » mais viable et cela même si sa partie technique est un cran en dessous.

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • Le mode solo conséquent
  • La direction artistique
  • Le nombre de personnages sans doublon ou presque
  • Le gameplay riche et varié

Ce qu’on a moins aimé :
  • Un visuel accusant le poids des années
  • Le mode histoire peu attrayant dans sa forme
  • La maniabilité délicate en mode portable


Prix : 39,99 €
Genre : Versus Fighting 2D
Taille eShop : 12,58Go
Date de sortie européenne : 08/02/2019
Développeur / Éditeur : Arc System Works / PQUBE Limited

Test réalisé depuis une version américaine gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète mon propre avis personnel.

2 commentaires:

  1. Ayant testé la démo japonaise et en joueur de BlazBlue depuis le premier, c'est tout à fait jouable au Joycons, c'est même étonnant à quel point les quarts de cercles sortent facilement. Ne pas jouer avec le joystick bien sur, profitez du d-pad symétrique, c'est étonnamment bien plus ergonomique que on pourrait y croire.

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    1. Merci à toi pour cette remarque. Tout avis est toujours bon à prendre ;)

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