jeudi 18 avril 2019

[TEST] Silence sur Nintendo Switch

Amateurs et amatrices d’aventure féerique, soyez les bienvenus car ce test est l’occasion de découvrir Silence, un point & click développé par le studio Daedalic sous la casquette de Marco Hüllen déjà à l’œuvre sur l’opus nommé « Les Chroniques de Sadwick ». Arguant une esthétique ambitieuse et un monde enchanteur, voyons de suite si cette production sortie initialement fin 2016 sur diverses plateformes est en capacité de satisfaire les joueurs en quête d’aventures sur Nintendo Switch.


Silence nous propose de suivre les aventures de Noah et Renie, deux orphelins, frère et sœur victimes d’une guerre sans merci. À la vue d’un escadron assombrissant le ciel et annonciateur de chaos, les deux enfants se réfugient dans un bunker de fortune avec l’espoir de garder la vie sauve. Cependant, face au déluge incessant des bombes, le havre de paix se retrouve complètement détruit, séparant à cette occasion les deux protagonistes. Aux commandes de Noah, le joueur s’atèle en premier lieu à retrouver la petite Renie sous les nombreux gravats. Au hasard de sa recherche, ce grand frère protecteur fait soudainement face à une lumière contrastant avec la froide réalité de l’instant présent. Intrigué, le jeune garçon se dirige alors vers celle-ci, découvrant l’univers de Silence, un monde d’apparence idyllique où se mêlent groupuscule rebelle et créatures étranges sous la coupe d’une reine machiavélique. Réunis rapidement en début d’aventure, les deux enfants se retrouvent donc embarqués dans une folle escapade les amenant à sauver le monde fabuleux de Silence.

Superbe, magnifique, merveilleux, voilà quelques adjectifs pouvant définir l’esthétique du jeu. Sans conteste, Silence fait partie à ce jour des plus belles productions parues sur Nintendo Switch. Même si le titre se « contente » de plans en 2D agrémentés de quelques éléments 3D (dont les personnages), on ne peut que rester émerveillé devant tout le travail accompli. La direction artistique est de toute beauté, les différents tableaux fourmillent de détails et le travail réalisé sur l’éclairage des scènes est véritablement admirable. Il ne fait nul doute que Silence excelle d’un point de vue purement visuel, tout au plus et selon les goûts de chacun, on peut émettre quelques réserves sur le chara-design de certains protagonistes mais dans sa globalité, le jeu flatte avec brio la rétine à chaque instant. Ajoutez à cela une musique qui certes n’a rien d’originale mais qui accompagne idéalement l’aventure, des dialogues aux doublages en anglais convaincants (sous-titré en français) et vous obtenez un enrobage qui force tout simplement le respect.


Passé cet aspect visuel fort réussi, Silence demeure un point & click tout à fait classique, voire épuré. On y retrouve une flopée d’énigmes en tous genres demandant au joueur d’interagir avec les éléments du décor pour en venir à bout. La recette n’est pas nouvelle mais le titre apporte tout de même quelques subtilités. Tout d’abord, les enfants sont accompagnés durant l’aventure par Spot, une chenille ayant la capacité de modifier sa morphologie et apte à s’aplatir ou se gonfler à la demande. Besoin de bouger une imposante pierre ? Placez donc Spot sous celle-ci et gonflez-le pour déplacer cette dernière. Comme vous pouvez l’imaginer, ce troisième larron fait donc partie intégrante du gameplay et permet l’ajout de quelques mécaniques intéressantes variant ainsi le panel d’énigmes.

Ensuite, vient cette possibilité de switcher entre les différents personnages qui se retrouvent à plusieurs reprises séparés durant le périple. Cet aspect, même s’il ne représente pas le cœur du jeu permet malgré tout de résoudre certaines énigmes de manière collaborative et de ce fait, contribue également à la variété de l’ensemble.


Concernant les énigmes et plus particulièrement la difficulté, sachez que rares sont les passages où le joueur se retrouve bloqué. Majoritairement, celles-ci sont simples et ne risquent certainement pas de mettre en échec les habitués du genre. Oubliez les inventaires dans lesquels s’entassent des objets à l’utilité mystérieuse, il n’y en a tout simplement pas. Ici, chaque objet ramassé est obligatoirement utilisé dans le même tableau ou en de rares occasions, dans un tableau adjacent. Silence offre une expérience très aisée et écrivons le clairement, manque véritablement de challenge. De plus, le titre donne la possibilité en guise d’agrément d’afficher les points d’intérêts et des indices facilitant ainsi la résolution des énigmes. En ce sens, on peut même qualifier Silence d’aventure narrative agrémentée d’énigmes qui fort heureusement sont globalement très plaisantes à résoudre.

Côté scénario et sans en dévoiler la moindre miette, sachez qu’il est « honorable », on y regrette surtout les situations prévisibles ou encore les personnages annexes manquant allègement de profondeur. Le titre a en effet cette fâcheuse tendance à parachuter les personnages sans prendre le temps nécessaire de développer leur histoire. Résultat, on se retrouve avec une aventure lambda qui laisse cet arrière-goût de « peut mieux faire ». Malgré tout, on ne peut que saluer le personnage ô combien réussi de Renie. Innocente, malicieuse et drôle, la petite fille a véritablement bénéficié d’un soin particulier en termes d’écriture et représente à elle seule la quasi-totalité de l’intérêt du jeu en matière de scénario.


D’un point de vue désagrément, on peut faire le reproche de quelques sauts d’images intervenant aléatoirement au fil de l’aventure sans pour autant que cela ne porte véritablement préjudice. Par contre, on peut aisément critiquer les temps de chargement présents à chaque changement de tableau. Conséquence directe et cela même s’ils ne sont pas très longs, ils impactent le rythme du jeu. À noter que la chose est d’autant plus rageante lorsque, par inadvertance un changement de tableau s’effectue. Vient ensuite une sélection des points d’intérêts (via le stick droit) peu efficace rendant certains passages fastidieux tant la maniabilité est hasardeuse. Dans le cas présent, on peut éminemment regretter qu’aucun support des fonctions tactiles de l’écran n’ait été implémenté avec ce portage, une fonctionnalité qui dans ce genre de jeu est fortement appréciable. Pour finir, abordons l’un des plus gros points faibles, à savoir la durée de vie. En effet, sachez qu’il ne faut que cinq ou six heures de jeu pour en voir la fin. Évidemment, ce chiffre peut être amené à varier selon la capacité de chacun à résoudre les énigmes, cela peut être moins ou plus, mais dans tous les cas ne vous attendez pas à une expérience excédant les dix heures même en prenant votre temps. Petite compensation, la présence de fins alternatives même si le potentiel de re-jouabilité est à priori limité faute de répétitivité.


Au final, Silence se présente comme étant un magnifique écrin qui ne demande qu’à être contemplé, une très belle vitrine qui pèche principalement par son manque de challenge et sa durée de vie limitée. Les habitués du genre y trouveront difficilement leur compte en matière d’énigmes tandis que les novices et les plus jeunes se satisferont d’un jeu accessible, ouvrant les portes du genre de bien belle manière. À noter qu’il n’est absolument pas nécessaire de s’atteler à l’opus « Les Chroniques de Sadwick » pour savourer sereinement Silence mais si l’envie apparaît, ne vous privez pas…

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • Un jeu de toute beauté
  • Le personnage de Renie
  • La diversité des énigmes

Ce qu’on a moins aimé :
  • Le manque de challenge
  • La courte durée de vie
  • Les nombreux temps de chargement
  • La maniabilité parfois peu aisée
  • Aucun support des fonctions tactiles


Prix : 39,99 €
Genre : Aventure, point & click
Taille eShop : 7,3 Go
Date de sortie européenne : 03/04/2019
Développeur / Éditeur : Daedalic Entertainment GmbH / Just For Games

Test réalisé depuis une version presse gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

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