mardi 30 avril 2019

[TEST] SteamWorld Quest: Hand of Gilgamech sur Nintendo Switch

Dans la famille des SteamWorld, nous avions déjà SteamWorld Dig 1 (lire le test sur Wii U) et 2 (lire le test sur Switch), ainsi que SteamWorld Heist (lire le test sur 3DS). Mais ce n’était apparemment pas suffisant (pour notre plus grand plaisir) pour les développeurs d’Image & Form, et c’est donc aujourd’hui que nous héritons d’un nouvel opus venant tout droit rajouter un chapitre dans le grand livre familial. Cette franchise du jeu indépendant à su grâce à ses qualités se construire une base-fan solide autour des thèmes récurrents qui sont chers à cette série : univers Steampunk, humour et composantes RPG à différents niveaux.


Steamworld Quest: Hand of Gilgamech (HoG pour le reste du test), le nouvel arrivant, fût très attendu par votre serviteur. En grand fan de la saga, il était dans mes priorités de l’année en termes d’attente depuis son annonce. Captivé et attendant impatiemment de pouvoir enfin mettre les mains sur le jeu, c’est pour moi un immense bonheur d’avoir eu la possibilité d’y jouer et d’avoir ainsi la chance de vous donner aujourd’hui mon avis.

Au-delà des éléments cités plus haut qui font le lien entre chaque épisode, il faut savoir que chaque nouveau jeu arrivant dans la série s’émancipe sur un point bien particulier par rapport à ses grands frères. En effet, chacun d’entre eux proposent aux joueurs un univers bien à lui. Pour les « Dig », il était question de Far-West et de ruée vers l’or, pour « Heist » de piraterie spéciale au tour par tour et quant à SteamWorld Quest: HoG, il sera pour lui question ici d’Heroic-Fantasy et de conte de fées...


L’histoire qui nous est racontée prend racine dans des temps très anciens, à l’époque où le monde n’en était encore qu’à ses débuts. Les dieux pas si bienveillants que ça et s’ennuyant comme pas possible décidèrent de s’immiscer dans les rouages du monde et forgèrent un cœur maléfique afin de l’insérer dans le Béhémoth, créature aussi légendaire que maléfique… Heureusement pour la population, c’est alors que se dressa face à lui un héros tout droit sorti des légendes, et c’est lors d’un affrontement épique que notre « intervenant du spectacle » du jour pu terrasser la bête et lui arracher son cœur afin d’aller l’enfouir loin, là où personne ne pourrait plus jamais mettre la main dessus.

Bien des années passèrent et ce qu’il reste du héros n’est plus guère qu’un souvenir mais sa légende et sa vaillance transforma le monde à jamais et donna ainsi naissance aux guildes de mercenaires. Des fondèrent des regroupements de héros (plus ou moins… Ou plutôt moins que plus) avides eux-aussi de marcher sur les pas de cet illustre et renommé ancêtre. Et c’est très vite que notre histoire commence, auprès de 2 compagnons, et par une simple mais ambitieuse cueillette aux champignons…


Ce qui nous frappe dès les premières secondes, c’est la sensation de se balader en plein cœur d’un compte féerique. La direction artistique ainsi que la narration, nous projettent directement au sein de cet univers si plaisant et mystérieux à bien des aspects. Mais j’aurai l’occasion d’y revenir plus tard…

La deuxième chose qui nous frappe, s’avère être le système de jeu. Car pour ceux qui ne le saurait pas au préalable, SteamWorld Quest: HoG prend toute sa particularité au cœur même de son gameplay. En effet, il est le parfait mélange entre un jeu de cartes et un RPG. Je m’explique : les déplacements de nos personnages se font de manière libre mais selon un système de case qu’il faudra traverser afin de rejoindre différents points de sauvegardes, et cela tout en affrontant des ennemis visibles devant nous, et c’est lorsque contact il y a, que le combat commence (comme dans beaucoup de J-RPG d’ailleurs). Et c’est là que le système surprend, dans le bon sens bien sûr. À la place d’action basique tel qu’attaque, soin, magie et autres, nous devons choisir nos actions au nombre de trois par tour parmi des cartes tirées aléatoirement dans un deck (la pioche) « globale » mais qui regroupe 8 cartes pour chaque protagoniste de notre équipe (au nombre de trois), et que nous aurons la possibilité de personnaliser en fonction des nouvelles cartes achetées auprès d’un marchand, trouvées dans des contenants, ou même créées avec des composants récupérés à la fin de chaque combat…


Le système est instinctif et absolument génial, la RNG (l’aléatoire) de la pioche favorisant une certaine intensité des combats et ne permettant jamais d’être complètement en sécurité, et rajoutant de surcroît du « piquant » à chaque combat. Chaque protagoniste (d’autres nous rejoindrons au cours de l’aventure au fur et à mesure des rencontres) propose des cartes spécifiques bien à lui, certains, comme dans tout bon RPG qui se respectent se montrant plus efficaces quand il est question de soigner, d’attaquer ou même d’apporter du soutien à l’équipe. Il faudra d’ailleurs bien tenir compte de cet élément important, car à l’instar de beaucoup de RPG il faudra faire en sorte de composer une équipe à la fois efficace et hétéroclite. Partir dans la mêlée toutes cartes sorties au hasard avec une équipe de bourrin, sans soin ou assistance sera le meilleur moyen de se voir renvoyer sur l’écran de chargement illico presto.

Ayant terminé pour ma part le jeu dans la plus haute difficulté disponible, je dois bien avouer que celui-ci ne fait pas de cadeau. Il faudra savoir faire preuve de jugement et réfléchir ses tours parfois à l’avance. Les ennemis et autres boss n’hésitant pas à nous dérouiller de la plus forte des manières et à nous affliger de tous les maux à leur disposition. Que cela soit du poison, des silences (anti-magie), sommeil, paralysie et de bien d’autres joyeusetés…


Quant à la composante RPG, elle est présente via le système de leveling, de personnalisation de ses personnages et via le crafting. À la fin de chaque combat, il nous sera remis une certaine quantité d’XP qui nous permettra de prendre des niveaux et ainsi de gagner en résistance et en puissance. Nous trouverons également dans des coffres disposés ici et là (il faudra fouiller chaque zone, certains étant bien cachés), et qui en plus de contenir de nouvelles cartes pour plus de possibilités de gameplay, contiendront de l’équipement qui permettra de renforcer telle ou telle statistique sur l’un de nos compagnons (vie, force, magie ou encore résistance élémentaire).

Je pourrais passer bien plus de temps à détailler en profondeur le système de jeu, tant celui-ci comporte de nombreuses petites particularités qui le rendent unique et savoureux, mais je préfère m’arrêter là car vous avez sûrement déjà une bonne idée du système de jeu et je ne voudrais pas vous enlever le plaisir de la découverte.

Concernant la composante visuelle du titre, il suffira juste de poser les yeux sur les quelques images qui habillent ce test pour s’en rendre compte, c’est d’une beauté exquise. Les dessins, les couleurs, les animations…On se balade en plein conte féérique et que ce soit au niveau de l’aspect sonore du titre (L’OST est d’une qualité rare) ou visuel, c’est un régal de chaque instant. Les personnages, aussi bien nos protagonistes, les NPC ou encore les ennemis, sont tous animés de fort belle manière et la cohérence même de l’univers est modèle du genre.


Tant graphiquement qu’artistiquement, SteamWorld Quest: HoG est une réussite totale, à l’image des précédents SteamWorld. Les personnages, comme à l’accoutumée sont tous des robots mais très « humains » dans leur développement et très caricaturaux dans leur manière d’être et d’agir. Nous retrouverons pêle-mêle, la preux chevalière avide de quêtes et de gloire, l’alchimiste réservée, cérébrale et moraliste, voire le paresseux qui n’aspire qu’à manger et se reposer, et j’en passe… Les dialogues comme à l’accoutumée sont pleins d’humour et prêtent bien souvent à rire, voire à sourire devant les différents échanges et situation qui se parent tous d’une certaine « légèreté » bienvenue.

La narration est d’une qualité exemplaire et le jeu ne manque pas de surprises et autres moments forts au sein même de son développement scénaristique. À ce niveau, il fait même mieux que ces prédécesseurs, avec un scénario bien plus riche et intéressant.


Près de 20h après avoir lancé le jeu pour la première fois, et tout autant de chapitres derrière moi, il est temps pour moi de refermer ce test par un ressenti global, et je vous le dis tout net, l’aventure fut pour moi des plus réussies. Le mélange des deux familles que sont les jeux de cartes type JDR et les RPG au tour par tour est une réussite totale. Son système de jeu à la fois basique et d’apparence « limitée » (8 cartes maximum par personnage, c’est peu, il est vrai) n’est qu’une trompe l’œil et il ne faudra pas s’y fier.

En effet, les synergies entre les différentes cartes au sein même du gameplay sont extrêmement nombreuses et les « combos » à la fois jouissifs et gratifiant sont légions. Il ne demandera pas aux joueurs d’avoir derrière eux une pratique assidue des jeux de cartes, mais il n’est pas non plus avare en mécanique. Il est l’exemple parfait du jeu trouvant sa propre identité dans un mix des genres qui fait plaisir à voir. Il saura parler aux néophytes des JDR/RPG et comblera les amateurs du genre.


Jamais frustrant, son système de jeu fait mouche et je ne peux que vous conseiller de vous y intéresser et de lui donner sa chance. Il est un exemple de ce que la prise de risque et l’audace peut faire ressortir de mieux sur la scène du jeu indépendant.

J’ai au final, bien peu de reproches à faire au jeu, si ce n’est son level-design somme toute très/trop basique (progression en case) ainsi que quelques chapitres quelques peu moins intéressant que d’autres. M’enfin, ce ne sont là que quelques points de détails bien vite effacés devant toutes les qualités nombreuses du titre. Et je compte bien m’y replonger avec grand plaisir un jour ou l’autre…

Test de Le Gamer Barbu

Ce qu’on a aimé :
  • Un mélange des genres qui fonctionne parfaitement
  • Jamais frustrant pour le joueur, il sait nous prendre par la main juste ce qu’il faut
  • Un univers et une direction artistique qui fait honneur aux « SteamWorld »
  • Ça tourne sans aucun accroc ou baisse de framerate, que ce soit en nomade ou sur le dock
  • Une OST qui reste en tête (pour le meilleur)
  • Toujours aussi drôle et léger, malgré une narration qui gagne en intensité
  • Une durée de vie honnête (il faut compter entre 15 et 20 heures de jeu pour en voir le bout)

Ce qu’on a moins aimé :
  • Un level-design daté et qui ne plaira pas forcement à tout le monde
  • Quelques chapitres un peu en dedans en termes d’intérêt…


Prix : 24.99€
Genre : Aventure, RPG
Taille eShop : 729.81 MB
Développeur / Éditeur : Image & Form / Thunderful

Test réalisé depuis une version presse gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

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