jeudi 14 novembre 2019

[GeeKritique] Avis : Dans l'Abîme du Temps (One-Shot)

Il y a un peu plus de six mois, je vous invitais à ne pas avoir peur de découvrir des œuvres qui sortent de vos habitudes. À ne pas avoir peur de l’immensité de l’inconnu afin de découvrir « Les Montagnes Hallucinées », adaptation d’une œuvre de Howard Phillips Lovecraft par Gou Tanabe. Seulement, je ne m’attendais pas à vous reparler d’une œuvre de ce cher Lovecraft, de sitôt ! Hors, c’est avec beaucoup de joie que j’ai appris en début septembre l’arrivé de ce One-Shot, Dans l’Abîme du Temps, toujours par Gou Tanabe.


Résumé de l’éditeur :
En 1935, au fin fond de l’Australie, le professeur Nathaniel Peaslee recherche avec frénésie les traces d’une civilisation inconnue. Il ne comprend pas pourquoi, mais il connaît ces lieux, comme si un autre avait implanté des souvenirs en lui. Il sait que quelque chose d’aussi mystérieux que terrifiant se tapit, là, dans les profondeurs du sable du désert... 
Son monde a été chamboulé près de 30 ans plus tôt. À l’époque, il enseigne à la prestigieuse université de Miskatonic. Il mène une vie paisible, entouré de sa femme et de ses enfants... jusqu’au jour ou il s’effondre en plein cours. À son réveil, personne ne le reconnaît. Il a toujours la même apparence mais semble avoir perdu la raison ! Il parle un dialecte inconnu et se comporte comme un étranger. Pire, il se prend de passion pour les sciences occultes, allant même jusqu’à se plonger dans l’étude du Necronomicon, ouvrage maudit entre tous...

Bon, je ne vais pas vous refaire le même paragraphe envers Ki-oon, je vais simplement encore saluer le travail et le soin apporté sur ce livre. Encore une fois pour cette collection nous avons le droit à une couverture du plus bel effet, cette fois en gris foncé. Mais que ça en jette !

Il y a toujours ce côté relief sur la couverture, cela donne l’impression de lire un grimoire, dans lequel sont notés les histoires de chacun des protagonistes. En terme de sensation, cela appuie encore plus le côté surnaturel de l’œuvre.

Même mangaka oblige, je ne peux que faire des éloges de nouveaux sur le dessin de Gou Tanabe. Ces derniers sont tellement vivants, tellement viscérales, avec des doubles pages tout bonnement incroyables, qu’il m’est difficile d’en parler, tant tout ce que je pourrais dire, ne rendrait pas justice à la beauté de ces œuvres. Le côté ultra-réaliste des dessins, nous plonge véritablement dans l’histoire, à tel point que l’on pourrait douter de son statut de fiction.

Comme je le précisais au début de cette GeeKritique, Dans l’Abîme du Temps est un One-Shot. Entendez par là, une histoire en un tome. De ce fait le rythme s’en trouve très accéléré comparé à l’œuvre précédente. Ce n’est pas mal, au contraire cela nous pousse à rentrer bien plus en profondeur dans cette nouvelle histoire, qui se trouve être la dernière de Lovecraft.

Beaucoup de choses intéressantes sont à noter dans ce récit avec dans un premier temps, le personnage principal, Nathaniel Peaslee. Avec cette amnésie totale, cela implique le lecteur à plonger plus facilement dans l’histoire, car tout comme le protagoniste, nous nous retrouvons perdu face à l’immensité des questions qui s’écrivent devant nous. Dans un second temps, je trouve l’histoire en elle même est bien plus ambitieuse que « Les Montagnes Hallucinées » grâce au fait de jouer avec le temps, l’espace, et surtout les créatures.


En plus d’être dans le même univers que ce diptyque, avec un personnage qui vient aider le protagoniste de cette histoire, Dans l’Abîme du Temps pose des questions incroyables face à l’immensité du temps et de l’espace. Après tout, et si Lovecraft disait vrai ? Et si, des créatures telles qu’on peut les voir dans cette œuvre, ont réellement existé ?

D’autant qu’au cours de la lecture de cette histoire, une certaine empathie pour ces créatures appelées La Grande Race, commence à se faire sentir. Ils n’ont pas l’air de vouloir déclencher la fin du monde, bien au contraire, ils sont là pour étancher leur soif de savoir. Par ailleurs, leur façon de parvenir à leur fin, est de « posséder » une personne de l’époque qu’ils souhaitent. Ces créatures savent voyager dans le temps et dans l’espace et ont beaucoup à nous apprendre, que ce soit sur notre passé ou même sur notre avenir.

Étant donné que le personnage principal se trouve avoir été possédé par l’une d’entre-elle, l’empathie se crée à ce moment-là. Car en plus du fait de vouloir comprendre pourquoi il est amnésique et pourquoi toutes ces images qu’il a durant ces rêves lui paraissent si réelles. Un lien certain se crée entre la créature qui a pris possession de lui et Nathaniel Peaslee. Il cherchera par ailleurs pourquoi la Grande Race a disparu, ce qui amènera le protagoniste ainsi que le lecteur à des découvertes effrayantes.

Encore une fois, avec une œuvre de Lovecraft par Gou Tanabe, je ne veux pas aller plus loin... Non pas que le titre est mauvais, bien au contraire. Mais simplement parce que c’est une œuvre sensitive. Elle se ressent, se vit et surtout elle s’interprète à tout à chacun.

Je ne peux que saluer l’ambition même d’adapter une œuvre du grand Lovecraft, et je ne peux que remercier Ki-oon et Samy Joe de pouvoir nous faire découvrir ce genre de pépites. Il ne me reste plus qu’à vous conseiller de vous jeter sur ce magnifique ouvrage dès que vous en aurez l’occasion. C’est un voyage incroyable qu’il nous est offert ici, le tout accompagné avec un OST de No Man’s Sky par exemple, et cela fait un mélange parfait.

GeeKritique de Mystic Falco

Dans l'Abîme du Temps (One-Shot)
de Gou Tanabe

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