samedi 22 décembre 2018

[TEST] Aperion Cyberstorm sur Nintendo Switch

Dans une galaxie lointaine, très lointaine... La pilote de vaisseaux spatiaux Kate et ses acolytes Sam et Joseph se retrouvent séparés lors d’une mission de « nettoyage » sur la planète Cadriga. Incarnant Kate, le joueur aura donc pour objectif premier de rejoindre ses frères d’armes mais bien évidemment tout ne se passera pas comme prévu… Voilà donc très brièvement pour l’histoire d’Aperion Cyberstrom, un Shoot’em up en 2D disponible depuis le mois de février 2018 sur la console hybride de Nintendo mais également sur PC.


Développé par les anglais d’aPriori Digital et initialement prévu sur Wii U, Aperion Cyberstrom est un «twin-stick shooter» qui n’est pas sans rappeler quelques productions du même genre éditées dans les années 80. Ici pas de scrolling vertical ou horizontal, le joueur prend librement le contrôle d’un vaisseau en vue du dessus tout en éradiquant les factions adverses à travers les quatre mondes qui composent la campagne principale du jeu.

Au-delà d’un visuel un brin rétro, on note une direction artistique qui fait irrémédiablement penser à Geometry Wars ou encore Mine Storm (alias mon premier shmup sur Vectrex), avec des vaisseaux et ennemies modélisés façon fil de fer. Les différentes joutes accompagnées d’effets de lumière plutôt réussis ont souvent l’allure d’un festival pyrotechnique, ça explose de partout, le joueur en prend parfois plein les yeux mais sans pour autant en faire trop. En effet, malgré l’avalanche de tirs, d’ennemies et d’explosions, le jeu reste lisible en toutes circonstances aussi bien en solo qu’en multi-joueurs car oui le titre ne s’adresse pas qu’aux « gamers » solitaires.

D’ailleurs au niveau de son contenu, Aperion Cyberstorm ne fait pas vraiment dans l’avarice. Outre son mode principal « Campaign » qui sera détaillé dans le paragraphe suivant, vient la possibilité de s’adonner au mode «Onslaught » qui n’est autre qu’un mode de survie ainsi qu’un mode Versus. À noter que ce dernier se montre particulièrement exhaustif avec la possibilité de personnaliser les parties via de très nombreux paramètres que ce soit en mode « chacun pour soi » ou « en équipe ». À vrai dire, rarement un shoot’em up a proposé autant d’options multi-joueurs, un excellent point pour qui veut jouer avec ses amis en coopération ou versus. Cerise sur le gâteau et toujours concernant le multi-joueurs, sachez que ce n’est pas moins de 5 joueurs en local qui peuvent prendre part au jeu et cela dans n’importe lequel des modes. Pour couronner le tout et après accomplissement de la campagne principale, le joueur sera gratifié d’un mode « Boss Rush », ce qui au final rend le titre complet en omettant la partie jeu en ligne qui est ici absente.


Venons-en à présent à la campagne principale, relativement atypique. Contrairement à la grande majorité des shoot’em up, Aperion Cyberstrom propose non seulement une expérience de jeu basée sur l’action mais se retrouve également teinté de quelques notes d’exploration avec pour l’occasion une pseudo cartographie «à la Metroid». De toute évidence, le titre fait la part belle à la collectionnite avec pas moins de douze vaisseaux aux capacités distinctes à dénicher et des dizaines d’armes secondaires à récupérer tout au long de l’aventure. Ajoutez à cela des artefacts (bien cachés) à collectionner et la possibilité d’upgrader votre armement en échange des cristaux récupérés au fil de votre périple. Chaque fin de stage, sera l’occasion de changer son vaisseau si désiré, de choisir son armement et d’en améliorer les capacités. Cette mécanique bien pensée permet donc de choisir et d’améliorer ses armes selon sa manière de jouer et d’appréhender l’aventure sous différents angles. De plus celles-ci sont assez variées, on passe ainsi du tir rapide, au bouclier jusqu’à l’onde de choc. Il y en a pour tous les goûts et la possibilité de pouvoir équiper deux armes (identiques ou non) ajoute un côté stratégie à l’ensemble. Autre subtilité, lors des combats des bonus élémentaires (feu, électricité, etc) seront laissés au joueur, combinés aux armes, les tirs pourront par exemple geler les assaillants sous réserve d’avoir récupéré un item de glace. Concernant la durée de vie, il ne faut que 4 ou 5 heures tout au plus pour boucler l’aventure principale, accomplir le jeu à 100% offre déjà une belle expérience de jeu bien plus chronophage.

Coté game play, on retrouve une certaine inertie dans le maniement des vaisseaux avec un effet « savonnette au fond de la baignoire » plus ou moins prononcé selon les caractéristiques de l’appareil choisi. On pourrait d’ailleurs penser que cela induit un maniement approximatif mais il n’en est rien grâce à l’ajout d’un « dash » permettant de se dépêtrer des situations difficiles mais également d’occasionner des dégâts en fonçant « tête baissé » sur les assaillants. Au demeurant, la prise en main reste très agréable que ce soit en mode TV ou portable, d’autant plus que ce «twin-stick shooter» propose deux manières distinctes de jouer. Soit le joueur dirige les tirs avec le stick droit comme tous jeux de la sorte, soit il active l’option « autofire » et dans ce cas précis n’aura qu’à prendre en compte le déplacement du vaisseau, les tirs et la visée se faisant automatiquement. Sacrilège diront certains, gloire à l’accessibilité diront d’autres, libre au joueur de faire son choix. Tout en restant sur l’accessibilité, sachez que la difficulté du titre est progressive, le jeu est rarement injuste et propose un challenge convenable en difficulté normale. D’ailleurs, celui-ci propose de base trois modes de difficultés, un quatrième venant s’ajouter une fois l’aventure terminée ce qui potentiellement conviendra au plus grand monde.


Comme vous pouvez le lire, ce tableau est plutôt idyllique, le jeu propose une histoire sympathique, des phases de shoot frénétiques, de l’exploration et en plus une partie gestion de l’armement.
Tout cela est très bien sauf que le titre ne se présente pas sans défaut…Tout d’abord, le cheminement général manque de variété, pour résumer : Le joueur rentre et se retrouve bloquer dans une salle, fait feu des ennemies arrivant par vagues successives et recommence jusqu’à la prochaine salle. Entre celles-ci, s’intercale la partie exploration permettant au joueur d’amasser des cristaux et de partir à la recherche de nouveaux items, l’idée est bonne mais casse le rythme de jeu par la même occasion. S’ajoute à cela, des environnements plaisants mais qui ne se renouvellent que trop peu, résultat le joueur aura très vite l’impression de parcourir encore et toujours les mêmes salles et pour accompagner le tout, il devra également s’accommoder d’une musique électro/dance bien trop insipide voire de mauvais goût et peu variée. Ces trois griefs cumulés bien que non rédhibitoires, éclipsent une bonne partie du fun proposé par le jeu pour sa partie solo.

Pourtant en début de campagne, les développeurs ont eu la bonne idée d’implémenter des petits objectifs comme la protection d’un terminal ou l’activation d’interrupteurs, on se dit alors que d’autres missions de ce genre viendront étoffer l’aventure mais malheureusement il n’en est rien ou presque... De même, certaines salles au level design intéressant, proposent un agencement particulier et ajoutent quelques pièges (laves, bains toxiques ou encore lasers) seulement voilà cela reste bien trop timide pour relever véritablement le niveau. En ce qui concerne les boss (1 par monde), là non plus pas de quoi s’extasier car ils sont malheureusement beaucoup trop convenus, trop peu originaux. Il est évident que ce genre de jeu est forcément répétitif (pour vulgariser, on tire sur tout ce qui bouge et rien d’autre) sauf qu’Aperion Cyberstorm cumule les petits accrocs rendant malheureusement son expérience solo parfois lassante en dépit de ses très nombreuses bonnes idées. Reste pour les acharnés du pad, le scoring mais même s’il est tout à fait possible de viser la plus haute note en fin de stage, il reste impossible de comparer ses résultats à l’aide d’un classement en ligne.


Sans conteste, le salut d’Aperion Cyberstorm provient de sa partie multi-joueurs qui mine de rien permet de faire abstraction des quelques défauts cités et propose de quoi animer vos soirées avec succès. Il est vraiment agréable de pouvoir jouer en coopération et/ou de s’affronter en local, à vous les joies d’une partie avec contrôle de zone ou encore d’un simple match à la mort. Trop rares sont les shoot’em up offrant de telles possibilités, alors quand l’un d’eux en fait la proposition avec autant de brio, difficile d’y renoncer. Le mode Versus est une petite perle de convivialité et les développeurs n’ont vraiment pas eu peur d’y mettre les moyens. Sous peine que vos amis apprécient le genre, les parties s’enchaineront aisément avec à chaque fois un petit goût de « on recommence ? ».

Au final, Aperion Cyberstorm est un bon shoot’em up mélangeant classicisme, idées brillantes et imperfections. Reste à savoir si celui-ci sera vous satisfaire : pour les afficionados du genre, il devrait trouver grâce sans trop de difficulté. Pour les autres, la question est de savoir si sa partie multi-joueurs vaut l’investissement tout en sachant que la Nintendo Switch ne manque pas de « Party Games » ô combien excellents.

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • Les possibilités multi-joueurs
  • Les différents choix de vaisseaux et d’armements
  • La difficulté bien dosée et ajustable
  • L’histoire qui n’est pas simple prétexte
  • La possibilité d’upgrader son armement

Ce qu’on a moins aimé :
  • Le manque de variété des environnements
  • Les phases d’exploration qui cassent le rythme de jeu
  • Les musiques peu variées et douteuses
  • Les boss insipides


Prix : 12,50 €
Genre : Shoot’em up
Taille eShop : 438,30 MB
Développeur / Éditeur : aPriori Digital

Test réalisé depuis une version gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

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