lundi 4 février 2019

[TEST] Death Mark sur Nintendo Switch

À l’instar de la musique, du cinéma ou encore de la littérature, le jeu vidéo est un vecteur d’émotions diverses et variées. Parmi ces émotions, la peur en est une qui fut abordée à de nombreuses reprises et sous différentes formes depuis la genèse de cette discipline. Ne cachant pas sa volonté de plonger le joueur dans une expérience terrifiante sous la bannière d’un jeu d’aventure horrifique, Death Mark met en avant un savoureux mélange composé de rumeurs, de malédictions et d’esprits en tous genres. Sorti initialement sur PS Vita, puis porté sur PS4, le titre développé par Experience est disponible depuis fin octobre 2018 sur Nintendo Switch. À mi-chemin entre le « visual-novel » et le « point-and-click », voyons de suite si celui-ci est en mesure de nous faire frissonner comme il se doit.


« Avant tout, sachez que le jeu ne présente aucun support de la langue française. Entièrement en anglais, le titre permet cependant un défilement des dialogues selon votre rythme de lecture, offrant ainsi une relative accessibilité pour les non-anglophones.»

Sans trop en dévoiler, l’histoire vous propose d’incarner un homme amnésique ignorant jusqu’à son nom, porteur d’une étrange marque au poignet. Selon la rumeur, cette marque est le signe d’une malédiction synonyme de mort certaine et douloureuse. Point de départ de cette aventure et seul indice disponible, une carte de visite retrouvée dans votre veste faisant la mention d’un manoir. Bien évidemment, vous vous y rendez… Peu après une rencontre particulière dans cette demeure et quelques visions d’horreur plus tard, vous apprendrez assez vite que vous n’êtes pas le seul maudit. Sous couvert de lever votre malédiction mais également d’aider les autres maudits qui vous accompagneront, vous serez amené à suivre les pistes sous-entendues par des rumeurs colportées ici et là. Assuré qu’une part de vérité se cache dans chacune d’elles, vous enquêterez dans différents lieux, rarement rassurants à la recherche de précieux indices, en faisant votre possible pour rester en vie.

Autant l’indiquer de suite, s’il existe bien des domaines dans lesquels le titre excelle, il s’agit sans conteste de son histoire et de l’ambiance qui lui est associée. Dès les premières minutes et jusqu’à la fin de son cinquième chapitre, le jeu demeure littéralement angoissant et oppressant. Bien qu’à son début, l’histoire semble peu originale, elle se paie le luxe non seulement de garder le joueur en haleine mais surtout, de monter en intensité au fur et à mesure des chapitres avec un final orchestré d’une main de maître. Utilisant toutes les ficelles bien connues aboutissant à une peur viscérale, Death Mark distille celles-ci intelligemment sans jamais forcer le trait outre mesure. Au programme des réjouissances, « jump-scare », silences pesants, environnements dérangeants, voix suspectes et musiques angoissantes, vous accompagneront tout au long de cette aventure macabre. Âmes sensibles abstenez-vous, car rien dans ce jeu n’est fait pour alléger l’ambiance. Le moindre bruit suspect, le moindre changement d’environnement ou encore la moindre apparition, vous plongera irrémédiablement dans la torpeur. En grande partie, ce sera donc avec la peur au ventre que le joueur devra trouver le fin mot de l’histoire, hésitant parfois à avancer un pas de plus vers l’inconnu tant la pression se révèle soutenue.


Classique en apparence pour le genre, le titre propose au joueur d’explorer divers environnements, aidé d’une carte des lieux minimaliste et d’une lampe torche ayant pour fonction d’éclairer (logique) mais surtout d’interagir avec les éléments du décor. Comme tous les « point-and-click » qui se respectent, les énigmes sont au rendez-vous avec leur lot d’objets et d’indices à récupérer pour en venir à bout. Histoire de faciliter la tâche, chaque objet possède une description détaillée, ce qui évite de tenter des combinaisons saugrenues comme forcer la serrure d’une porte avec un rouge à lèvres ou encore ouvrir une caisse en métal avec une bouteille en plastique…

Loin de s’accommoder du minimum syndical, trois mécaniques viennent enrichir le gameplay de Death Mark. Pour ne rien gâcher, celles-ci ne sont pas présentes uniquement pour remplir un cahier des charges mais ajoutent une tension supplémentaire épaulant habilement l’ambiance. Tout d’abord, le jeu laisse le choix du compagnon de route parmi deux ou trois personnages selon les chapitres. Loin d’être anodine, cette fonctionnalité ne doit pas être prise à la légère sous peine de se retrouver bloqué face à un accès ou une énigme. C’est donc en faisant preuve d’une certaine logique et en lisant entre les lignes des nombreux dialogues que le joueur devra recruter le compagnon idéal avant de partir en balade. S’invitent ensuite quelques courtes séquences au nom évocateur : « Live or Die ». Celles-ci obligent le joueur à choisir entre trois propositions dans un temps imparti (cela peut être une réponse à une question ou une action à effectuer). Le compteur affiché représentant les points de vie du personnage, ces épreuves ajoutent une bonne dose de stress au jeu. Ainsi, plus on tarde à répondre, plus le compteur se rapproche d’un zéro synonyme de « Game Over ». De plus, si la réponse est erronée, le temps restant est drastiquement diminué voir directement réduit à zéro. Cependant en cas d’échec, le jeu propose « gentiment » de recommencer la séquence ou de reprendre au dernier point de sauvegarde. Pour finir, viennent les combats de boss (un par chapitre). Divisées en deux phases, ces confrontations demandent dans un premier temps de se protéger face aux différentes attaques et de laisser l’entité se rapprocher. Une fois celle-ci à bonne distance, le joueur peut infliger le coup de grâce en choisissant parmi les combinaisons d’objets adéquates.


Selon les actions effectuées durant les phases « Live or Die » ou la manière de se débarrasser d’un esprit, le scénario s’en trouvera quelque peu modifié. En effet, malgré tous vos efforts, certains partenaires pourront mourir et cela même si la malédiction est levée. De plus, vos différents choix auront un impact non négligeable sur la fin du jeu, puisqu’ils seront les variables permettant ou non d’accéder à un 6ème chapitre. Un acte qui donnera l’occasion de revoir quelques personnages issus du scénario originel et d’explorer un environnement inédit. Autant vous dire que cette carotte pousse inévitablement le joueur à obtenir la véritable fin, histoire de frissonner une dernière fois.

Avec une ambiance jouissant d’une totale réussite et quelques bonnes idées de gameplay, le jeu arrive à faire passer au second plan un aspect ô combien important aux yeux de nombreux joueurs et joueuses : les graphismes. Ici, rien de bien transcendant puisqu’il faut se contenter d’une « simple » succession de plans fixes avec l’apparition des différents protagonistes en superposition. Au premier abord, on peut être déçu par ce parti pris mais force est de constater que cela ne dessert en aucun cas le titre et se montre au final en adéquation avec l’ensemble. On saluera tout de même la D.A. de certaines scènes et le « chara design » des boss, tous plus dérangeants les uns que les autres. Malgré le fait que les environnements parcourus ne soient pas d’une très grande variété, la symbolique des lieux et le coup de crayon suffisent amplement à contribuer au mal-être ambiant. De plus, certains d’entre eux font irrémédiablement écho à des lieux bien réels, on pense notamment à la forêt Aokigahara située au pied du Mont Fuji, rendue tristement célèbre pour les nombreux cas de suicides y étant répertoriés.


Bourré de nombreuses qualités, Death Mark n’en reste pas moins un jeu imparfait. Au-delà des griefs concernant sa direction artistique s’ajoute une durée de vie relativement limitée. Tout au plus, il ne faudra qu’une dizaine voire une quinzaine d’heures pour en faire le tour. Au niveau de la re-jouabilité, le genre ne poussant clairement pas en ce sens, Death Mark ne fait malheureusement pas exception. Seul lot de consolation une fois l’aventure terminée : une galerie regroupant une grande majorité des plans fixes du jeu. On pourra également reprocher une écriture parfois un peu facile, une chronologie des évènements trop convenue ou encore quelques gimmicks redondants qui pourront dans certains cas desservir l’ambiance car attendus par le joueur. Nintendo Switch oblige, ce test a été réalisé en utilisant les deux modes de jeu, portable et salon. Bien que nul problème ne soit à signaler, il est tout de même dommage de constater qu’aucun support des fonctionnalités tactiles de l’écran n’ait été implémenté : frustrant pour un titre du genre…

Sans aucun doute, Death Mark réussi brillamment le pari de nous plonger dans une ambiance malsaine et oppressante. Pour ceux et celles qui recherchent une expérience vidéo-ludique faisant froid dans le dos, le titre se présente comme une évidence qu’il serait dommage de laisser passer. Même si vous n’êtes pas adeptes des « point-and-click » et des « visual novels », Death Mark pourra très bien convenir en tant que premier essai. Enfin, sachez que le titre sera prochainement disponible dans une version physique, une occasion peut-être de se procurer plus tard cette pépite à un tarif réduit, comparativement à celui proposé sur l’eShop actuellement.

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • L’histoire et l’ambiance
  • Les séquences « Live or Die »
  • L’accès au 6ème chapitre sous conditions
  • Les fins de chapitre alternatives

Ce qu’on a moins aimé :
  • La durée de vie relativement courte
  • L’absence de prise en charge des fonctions tactiles de l’écran


Prix : 49,99 €
Genre : Aventure narrative, point-and-click
Taille eShop : 4 149,22MB
Développeur / Éditeur : Experience / Aksys Games

Test réalisé depuis une version gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète mon propre avis personnel.

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