lundi 11 mars 2019

[TEST] RICO sur Nintendo Switch

Voilà maintenant deux années que la Nintendo Switch ravit un large public avec un catalogue de jeux conséquents. Pourtant, malgré un panel de titres étoffés, il reste des genres assez peu ou mal représentés. On peut par exemple mentionner la simulation automobile, la baston 3D ou encore le FPS. Pour ce dernier, DOOM et Wolfenstein II trustent tous deux le haut du panier avec à leurs côtés des alternatives qui font pour la plupart pâle figure. Alors quand un studio de développement fait la proposition d’un nouveau FPS, les regards se tournent forcément vers celui-ci. Disponible en ce mois de mars également sur Xbox One, PS4 et PC, RICO propose au joueur de nettoyer la ville de ses malfrats et met en avant un gameplay typé arcade, une réalisation tout de cel-shading vêtue avec la notable possibilité de jouer en coopération que ce soit en local ou en ligne. Voyons donc de suite si le titre développé par Ground Shatter est en mesure de satisfaire les joueurs en mal de FPS.


Passons directement à l’histoire proposée par RICO ou plutôt sa mise en contexte. La nuance est ici importante car dans les faits le titre ne dispose pas de véritable scénario et se contente de poser le cadre via une seule et unique cinématique d’introduction. Dans une ville gangrenée par la violence et remplie de malfrats, vous incarnez un agent de l’ordre trié sur le volet pour ses compétences hors pair. Vous rejoignez une agence nommée RICO dont le but est de rétablir l’ordre coûte que coûte. Au programme de vos fonctions : récupérations des preuves incriminantes et éliminations des opposants, le tout en essayant de garder la vie sauve.

Comme vous pouvez le lire, le titre propose le strict minimum en matière de scénario mais après tout, c’est bel et bien pour autre chose que l’on s’attarde sur RICO : son action ! Concrètement, celle-ci peut être résumée de manière très succincte. On y défonce des portes, valide divers objectifs, élimine des ennemis, le tout dans des environnements générés de manière procédurale. Une fois la mission accomplie, il ne reste plus qu’à quitter les lieux et recommencer. Exposé ainsi, on peut déjà émettre un doute concernant la répétitivité du jeu, d’ailleurs nous reviendrons sur ce sujet par la suite.


Abordons dans un premier temps le gros morceau de RICO, à savoir son mode enquête. Dans celui-ci, vous disposez de 24 heures pour démanteler et mettre hors d’état de nuire un réseau de criminels. Présentée sous forme de grappe, la progression se résume à une succession de missions à accomplir pour finalement faire face au gros bonnet de l’organisation. S’inspirant des mécaniques de rogue-like, chaque enquête commence inéluctablement de la même manière. Après avoir choisi son personnage parmi les quatre à disposition, le joueur effectue une mise en jambe, équipé d’une arme de base dans un niveau comportant uniquement des cibles statiques et quelques preuves à récupérer. Viennent ensuite les missions à proprement parler, qui sont agrémentées d’objectifs aléatoires (destruction de matériel, désamorçage de bombes, élimination d’ennemis via des tirs dans la tête…). Entre chacune d’entre elles, s’ajoute la possibilité d’acheter des armes, des viseurs, des trousses de soin et autres quincailleries en échange des points de mérite récupérés en validant les objectifs. Autre subtilité, le joueur est récompensé par des points d’expérience aptes à débloquer des compétences (nommées traits). Communes à tous les protagonistes, celles-ci permettent par exemple de recharger plus rapidement, d’être plus résistant ou encore de s’immuniser contre des grenades aveuglantes. Ainsi, le joueur peut se créer un set de compétences (3 maximum) selon son style de jeu, ajoutant par la même occasion un peu plus de consistance au gameplay et facilitant légèrement les parties suivantes. D’ailleurs concernant la difficulté, sachez que trois niveaux sont disponibles et que le mode normal offre déjà un beau challenge d’autant plus si vous jouez uniquement en solo.


S’ajoutent à ce premier mode, les modes Opérations rapides, Formation (entraînement sur cibles chronométré) et Verrouillage qui n’est autre qu’un « survival » dans lequel le joueur doit faire face à des vagues successives d’ennemis. Pour compléter l’ensemble, vient le mode Partie quotidienne qui propose diverses épreuves soumises à un classement en ligne, histoire de se frotter aux meilleures gâchettes. À noter que l’entièreté du contenu est jouable en solo, en coopération locale via un écran splitté ou tout simplement en co-op online. De même, une grande partie des épreuves ont pour récompense une monnaie permettant d’acheter des skins pour personnaliser les différentes armes.

Au niveau de la prise en main, le jeu ne dépaysera en aucun cas les habitués du genre. On y retrouve la possibilité de sprinter, d’effectuer des glissades en s’accroupissant, de switcher à la volée entre arme primaire et secondaire ou encore de marquer une position. Nous sommes donc ici face à du grand classique reposant sur des bases éprouvées qui fonctionnent éminemment bien. Manette en mains, les sensations sont plus que correctes : l’action est frénétique, le feeling avec les diverses armes est réjouissant et on prend un malin plaisir à effectuer son petit carnage. La maniabilité reste dans tous les cas de figure de bon niveau et ne souffre d’aucun problème particulier d’autant plus qu’il est possible de régler la sensibilité de la visée et pour ceux et celles qui le souhaitent, d’activer les fonctions gyroscopique. L’arsenal à disposition couvre quant à lui un large choix qui saura satisfaire bon nombre de joueur même si un peu plus de fantaisie aurait été appréciée. Dans les faits, l’exotisme du jeu se présente sous la forme d’un effet « bullet time » qui se déclenche à chaque porte défoncée. Ainsi, durant quelques secondes, le temps est ralenti offrant en conséquence un avantage tactique non négligeable. Bien que l’on puisse craindre un essoufflement de ce gimmick cause de répétitivité, il n’en est rien car en plus de donner un avantage sur la situation, il permet l’apport d’une pointe de stratégie lors des parties en coopération. D’ailleurs, c’est sans conteste en co-op que RICO prend tout son sens. Au-delà de faciliter la progression, elle permet tout simplement de rendre l’expérience bien plus attractive. On peut ainsi imaginer un premier joueur s’occupant de nettoyer la pièce pendant que le second fait office de soutien et s’occupe des à-côtés. À noter que le jeu comporte une petite restriction car une fois rentré dans une pièce, il faut impérativement faire feu de tous ses ennemis pour prétendre défoncer à grand coup de pied la porte suivante. Autant vous dire qu’une bonne coordination se révèle être un atout de poids dans un jeu où le timing est souvent serré notamment lorsque les bombes disséminées dans le niveau sont de la partie.


Prise en main immédiate, action frénétique et mécanique rodée, le titre de Ground Shatter n’en reste pas moins perfectible sur de nombreux points. Tout d’abord, l’absence de scénario dans le mode enquête reste une réelle déception. Après une alléchante séquence d’introduction, on s’imagine un semblant de développement scénaristique mais force est de constater qu’il n’y a absolument rien à se mettre sous la dent. Évidemment, l’action est ici prioritaire et l’orientation très arcade du titre est là pour nous le rappeler mais un peu de liant entre les missions n’aurait pas été de refus. Ensuite, vient une boucle de gameplay qui se révèle fort répétitive, c’est bien simple, au bout de quelques parties, la désagréable sensation d’avoir fait le tour du jeu pointe le bout de son nez. Malheureusement, ni la diversité des environnements, ni la pauvreté du level design ne changent la donne car là aussi, la répétitivité est au rendez-vous. S’ajoutent à cela quelques griefs mineurs, avec par exemple une carte des lieux s’affichant à l’écran en surimpression uniquement après l’appui sur une touche. Dans des niveaux générés de manière procédurale similaires à des labyrinthes et remplis d’ennemis, afficher une carte de la sorte ajoute une difficulté artificielle alors que la présence constante d’une mini-map aurait été amplement suffisante et bien plus ergonomique. Vient ensuite la liste des objectifs en cours qui se contente de cocher une case pour en indiquer la validation. Dans le feu de l’action et avec de nombreux objectifs, il est parfois difficile de s’y retrouver alors que supprimer la ligne d’une action réussie aurait vraisemblablement suffit.

Faisant irrémédiablement pensé à XIII (un FPS sorti en 2003), la réalisation de RICO est dans son ensemble satisfaisante. La direction artistique bien épaulée par le cel-shading demeure de bon goût et confère au jeu un cachet bien particulier qui se révèle agréable. D’un point de vue visuel même si on est très loin de s’extasier, il n’y a pas grand reproche à faire, ce qui n’est pas tout à fait le cas de la partie sonore. Tout d’abord, sachez que la musique nous gratifie de sa présence uniquement au travers des menus. Aucune piste musicale ne vient agrémenter les missions et seuls les bruitages sont présents. Bien que ceux concernant les armes paraissent convaincants, les hurlements ennemis sont quant à eux surprenants et il n’est pas rare de décrocher un sourire face à un malfrat fonçant sur nous.


Développé à l’aide du moteur Unity, le visuel s’accompagne de quelques effets de lumière et balistique épaulant agréablement les joutes. Techniquement, l’action s’accroche à un petit mais solide 30 Fps mis en défaut par de rarissimes ralentissements sans conséquence néfaste. Malgré tout, le titre souffre de quelques bugs défiant parfois les lois de la gravité. En effet, la physique peut se montrer surprenante, notamment avec des portes défoncées qui vous accompagnent sur quelques mètres obstruant ainsi la vision. Concernant l’I.A., n’attendez pas une once d’intelligence. Bête et méchante, celle-ci se contente en majorité de tirer à vue. Il n’est pas rare également qu’un ennemi tue l’un de ses collègues par inadvertance ou recharge son arme sans être à couvert après avoir seulement tiré une seule balle…

Au final que penser de RICO ? Tout compte fait, on peut comparer celui-ci à un élève aux capacités multiples et évidentes qui se contente d’un minimum. Oui, le jeu est fun, sa partie co-op est bien exploitée et l’action est terriblement efficace. À côté de cela, on ne peut ignorer la répétitivité de l’ensemble et les autres défauts cités précédemment. Malgré ses atouts et ses bases solides, le titre manque le coche et reste en marge du podium. Il se révèle être au final une agréable friandise à partager que l’on évitera néanmoins de trop manger sous peine d’en être écœurée.

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • L’action omniprésente, fun et efficace
  • La possibilité de jouer en co-op pour encore plus de convivialité
  • Le visuel accrocheur
  • La réalisation satisfaisante…

Ce qu’on a moins aimé :
  • … malgré quelques bugs
  • Un ensemble très répétitif
  • Un mode enquête sans envergure (pas de scénario)
  • L’I.A. qui n’en est pas une
  • L’absence de musique pendant les missions
  • Les problèmes liés à l’ergonomie (carte, liste)


Prix : 19,99 €
Genre : Action, FPS, Arcade
Taille eShop : 2,9 Go
Date de sortie européenne : 14/03/2019
Développeur / Éditeur : Ground Shatter / Rising Star Games

Test réalisé depuis une version dématérialisée gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire