jeudi 1 août 2019

[TEST] KILL la KILL - IF sur Nintendo Switch

Arrivée chez Wakanim fin 2013 puis sur nos écrans en mai 2015 via Netflix, la série KILL la KILL a su trouver un large public grâce à son action survoltée, ses personnages un brin dénudés et son histoire complètement folle. Fort de ce succès, la franchise tente en cette année 2019, une première incursion dans l’industrie vidéoludique sous les traits d'un jeu de baston en 3D sobrement intitulé KILL la KILL – IF. Chapeauté par Arc System Works (Guilty Gear, BlazBlue, DBFZ) et développé par le studio A+ Games, KILL la KILL – IF nous propose de retrouver Ryuko Matoi, Satsuki Kiryuin et (presque) toute la bande dans un écrin propice à des affrontements spectaculaires. Sortie simultanément sur PC, PS4 et Nintendo Switch, découvrons ensemble si cette adaptation mettant en avant deux scénarios inédits a su trouver la voie de la réussite…


Deux scénarios… Vraiment ?
Seul mode de jeu disponible lors d’un premier lancement, le mode Histoire nous propose de suivre le périple de Satsuki Kiryuin, présidente charismatique du conseil des élèves de l’académie Honnõji dans un épisode nommé « Se serrer le cœur pour changer son destin ». En pleine période d’élections de représailles, la présidente se voit contrainte d’affronter Ryuko Matoi, victorieuse du conseil des Quatre pour un duel au sommet… Loin de vouloir vous dévoiler la moindre miette des 10 chapitres qui composent ce scénario, sachez simplement que celui-ci a été supervisé par le scénariste de la série en personne, Kazuki Nakashima. Que le fan de l'animé soit donc rassuré puisque tout ce qui fait son charme répond à l’appel et c’est avec un réel plaisir que l’on suit cette aventure haute en couleur !

Vient ensuite le moment d’incarner le personnage central armé du célèbre « Scissor Blade ». Seulement voilà, là où nous sommes en droit d’attendre un deuxième épisode alternatif original, ce dernier se contente de nous faire revivre l’aventure d’un autre point de vue, en l’occurrence celui de Ryoko Matoi. Si une pointe de déception peut faire son apparition face à ce choix, force est de constater que les quelques différences scénaristiques suffisent à relancer l’intérêt et donc de se replonger sans trop de difficulté dans l’histoire.

Cantonné principalement au rôle de spectateur dans ce mode de jeu, le joueur devra tout de même prendre la manette en mains au fil des chapitres. Dans un premier temps, dans le cadre d’un didacticiel proposant de découvrir les commandes de bases puis dans les quelques combats qui saupoudrent les deux épisodes. Des combats s’éloignant de temps à autre du sempiternel 1 vs 1 pour proposer des joutes face à 100 opposants et autres « surprises ». Même si en finalité, le nombre des affrontements est restreint, il permet de mettre en lumière durant les 4 à 5 heures nécessaires pour boucler l'ensemble, la tendance du titre à verser dans le spectaculaire, tout comme l’est l’animé.


Derrière les fibres de vie…
Une fois l'histoire clôturée, d'autres modes de jeu sont à disposition : Battle, Entraînement et Galerie. Le premier permet de participer à des combats à deux joueurs en local ou en ligne (match amical et classé), tandis que le second propose pêle-mêle de retrouver le didacticiel, un mode entraînement et deux modes défis sans grande prétention mais qui restent plaisant à jouer.

Le mode galerie regroupe quant à lui tout ce dont un fan espère secrètement : un mode Digital Figure qui laisse le loisir de mettre en scène ses personnages favoris auquel s'ajoute la possibilité de consulter les replays, de revoir les 2 épisodes, d'écouter les musiques du jeu ou encore d'accéder à une bibliothèque des voix (avec les noms des doubleurs). Vous en voulez encore ? Ajoutez alors un glossaire, histoire d'être incollable sur l'univers KILL la KILL et le compte est bon. Seulement voilà, cet attrayant contenu n'est pas disponible "gratuitement" mais en échange de l'argent gagné en jeu. La méthode est critiquable, en aucun cas gratifiante et qui plus est, demande un investissement non négligeable pour qui veut tout débloquer...

Contrairement à l'abondance du mode Galerie, l'écran de sélection des personnages et des arènes paraît quant à lui clairement sous-alimenté. Avec seulement 8 protagonistes (plus 2 variantes) et 6 environnements, KILL la KILL - IF fait triste mine face à la concurrence. Cependant, mettons à son crédit, une sélection pertinente qui a le bon goût de proposer des personnages aux caractéristiques variées qui ne font en aucun cas doublon. Notez enfin que le titre propose le choix entre les voix japonaises et anglaises accompagnées de sous-titres en français, à vous de choisir...


Un Chifoumi accessible et efficace
Loin de vouloir proposer un jeu de baston aux multiples systèmes à l’instar de Guilty Gear, le studio A+ Games fait avec KILL la KILL – IF le pari de l’accessibilité. Le système de combat se contente du principal avec une attaque au corps-à-corps, une à distance, un saut, un casse-garde et une garde. S’ajoute à cela une barre de furie multifonction donnant accès aux attaques spéciales et à un « Burst » (qui permet de se dépêtrer d'une mauvaise situation en repoussant violemment l’ennemi). Simples d’accès, les attaques spéciales sont aux nombres de trois par personnages et se déclenchent après avoir appuyé simultanément sur deux touches.

Singularité du jeu, la possibilité en plein combat de prendre part à un chifoumi alias bloody Valor ô combien stylisé (utilisant 50 % de la barre de furie). Le classique pierre-feuille-ciseaux est ici transformé en provocation-moquerie-sarcasme qui permet respectivement de récupérer SP, HP ou d’infliger des dégâts. Si la manche vient à être gagnée par le joueur l’ayant enclenché, une deuxième puis une troisième viendront s’ajouter. Une fois trois chifoumis en poche (à la suite ou non), le personnage se voit gratifié d’une attaque suprême signant la fin du match dans la mesure où celle-ci touche l’adversaire. À noter également que chaque manche remportée, octroie un bonus valable durant l’intégralité du combat (attaques spéciales boostées, vitesse accrue, etc).

Avec une telle proposition de gameplay, il ne faut que quelques combats pour prendre le jeu en mains et commencer à sortir des combos dévastateurs sous un déluge d’effets spéciaux. Les joutes sont haletantes, nerveuses et assurément spectaculaires ! Les cinématiques intégrées à l’action ajoutent une bonne de dose de peps et il en va de même pour les chifoumis qui sont au passage un réel plaisir pour les yeux.

Ainsi placé sous l’autel de l’accessibilité, notons tout de même que cet ensemble aussi plaisant soit-il, manque un peu de consistance. En effet, il ne faut qu'une dizaine d'heures pour faire le tour des possibilités offertes par le système de jeu, les habitués du genre se retrouveront donc logiquement à l'étroit, certains diront même qu'il s'agit du revers de la médaille...


KILL la KILL dans toute sa splendeur ou presque
S'il existe un point sur lequel le titre est sans reproche, c'est bien celui concernant le respect de l'œuvre originale. Que ce soit les séquences animées, la mise en scène des personnages ou les combats, absolument tout fait écho à l'animé. Le studio A+ Games a véritablement réalisé avec cette adaptation une brillante synthèse de ce que propose la série avec, il faut bien l'avouer, une certaine classe.

Le jeu, tout de cel-shading vêtu, offre un visuel de bonne facture on s'en prend plein les yeux, parfois même un peu trop, puisque dans certaines situations la lisibilité peut pâtir d'effets spéciaux omniprésents. Même si ce grief peut être considéré comme étant anecdotique, il en est un plus gênant : la caméra. En effet, celle-ci a parfois du mal à suivre l'action frénétique. Le phénomène, limité dans les parties en 1 vs 1 devient courant lorsque plusieurs ennemis sont à l'écran, portant de ce fait atteinte à l'expérience. Les mouvements de caméra s'opèrent alors sans la moindre logique et il devient parfois difficile de s'y retrouver.

Techniquement, hormis le problème cité ci-dessus, KILL la KILL - IF ne souffre d'aucune tare rédhibitoire que ce soit en mode TV (1080p/30 fps) ou portable (720p/30fps). Notons malgré tout un peu d'aliasing et la sensation d'un léger flou en mode nomade.


À deux, c'est mieux
Comme bien souvent pour le genre, le salut provient du mode deux joueurs et le bébé d'A+ Games n'échappe pas à cette règle. Seul, une fois le mode histoire terminé au rang S et quelques défis effectués, il n'y a plus véritablement d'intérêt hormis celui de s'entraîner. C'est donc sans surprise en versus (local ou online) que le titre prend tout son sens. Les parties plus spectaculaires les unes que les autres s'enchaînent avec plaisir et on se satisfait à anticiper les coups de son adversaire, histoire de le punir comme il se doit comme dans tout jeu de baston qui se respecte.

Fonctionnel malgré quelques déboires lors de la recherche d'adversaire en match classé (message d’attente de réponse de l’adversaire interminable), le mode en ligne se montre en action satisfaisant. Après synchronisation, aucune latence ou perte de connexion inopinée ne sont à signaler. Par contre, oubliez de suite les lobbies ou la possibilité de créer des tournois car le titre ne propose que le strict nécessaire : la création d'une salle privée ou non, où seul un joueur peut être invité et c'est tout...


KILL la KILL - END
Jouant la carte du "Fan service" sans demi-mesure, A+ Games offre aux fans de la série, un jeu lui faisant honneur. Comme vous avez pu le lire, tout n'est pas parfait, on pense notamment à cette caméra parfois capricieuse ou encore le peu de personnages et d'arènes disponibles. Quoi qu'il en soit, KILL la KILL - IF est un jeu de baston qui mérite une attention particulière notamment si vous êtes à la recherche d'un défouloir accessible et spectaculaire à la fois. Pour ceux et celles qui hésitent à franchir le pas, sachez que la démo est disponible sur l'eShop : voilà donc un excellent moyen d'avoir un aperçu du jeu !

Test de The Dark Bear

Ce qu'on a aimé :
  • Le mode histoire avec ses "deux" scénarios
  • Le respect à tout point de vue de l’animé
  • Le côté spectaculaire des combats
  • Le mode galerie au contenu exhaustif
  • Le gameplay très accessible...

Ce qu'on a moins aimé :
  • … mais proposant une profondeur de jeu quelque peu limitée
  • La gestion parfois hasardeuse de la caméra
  • Le faible nombre de personnages et d'arènes
  • Les fonctionnalités de jeu en ligne restreintes


Prix : 59,99 €
Genre : Combat, Versus Fighting
Taille eShop : 7,59Go
Date de sortie européenne : 26/07/2019
Développeur / Éditeur : A+ Games / ArcSystemWorks, Just For Games

Test réalisé depuis une version dématérialisée gracieusement fournie. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

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