mercredi 20 mars 2019

[TEST] Fate/Extella Link sur Nintendo Switch

Mangas, animés, visual novels, romans, il est à priori difficile de nos jours de ne pas croiser la licence Fate. Bien que les jeux de cette saga tentaculaire soient souvent liés aux consoles de Sony, les propriétaires de Nintendo Switch ont pu découvrir en 2017 Fate/Extella: The Umbral Star (lire le test via ce lien), un Musô sorti initialement sur PS4 et PSVita puis porté peu de temps après sur Switch et PC. Histoire d’en remettre une couche, le studio Marvelous nous propose en ce mois de mars 2019 de découvrir la suite directe, à savoir Fate/Extella Link. Promesse de batailles épiques et d’actions frénétiques, voyons de suite si le titre est en capacité de convaincre les joueurs et joueuses désirant se retrouver seuls face à une armée tout entière.


Jeu étiqueté « Fan Service » par excellence, Fate/Extella Link reprend les bases de son prédécesseur. On y retrouve donc les protagonistes issus de la licence dans un écrin prétexte à la distribution de mandales sans limite. Quelque peu atypique, il est la rencontre entre un Beat’em all (Musô) saupoudré allègrement de ce que l’on peut considérer comme étant un Visual Novel. En effet, loin de se contenter de l’action caractéristique du genre, celui-ci propose de découvrir son scénario via de longues phases de dialogue. Des dialogues uniquement disponibles dans la langue de Shakespeare accompagnés d’un doublage japonais.

Comme dans le précédent opus, le joueur incarne un humain (Maître / Master) doté de pouvoirs permettant le contrôle des Servants (Âmes de héros légendaires) dans un monde virtuel régissant l’activité terrestre. Sans trop en dévoiler, l’histoire présentée sous la forme d’une timeline s’appuie en partie sur le destin d’un nouveau Servant nommé Charlemagne, chef des 12 chevaliers. Évidemment, au fur et à mesure de cette aventure, d’autres protagonistes agrémenteront le casting pour arriver à un total de 26 personnages jouables. Dispatché dans huit classes (Saber, Lancer, Assassin, Caster, etc...), chacun dispose d’un style de combat plus ou moins différencié accompagné d’attaques qui le sont tout autant. Concernant le scénario à proprement parler, suspicion, tragédie, humour et retournement de situations sur fond dramatique sont évidemment de la partie. Du grand classique qui ne brille pas forcément par son originalité mais qui reste relativement plaisant dans son ensemble. Les fans de la saga Fate apprécieront certainement tandis que les novices auront forcément un peu plus de mal à s’imprégner de cet univers tant celui-ci regorge de spécificités (sans être rédhibitoire).


Seul mode de jeu disponible lors d’une première partie, le mode Story propose pour commencer de sélectionner un personnage (masculin ou féminin) qui n’est autre que le Master. Suite à quelques dialogues et cinématiques faisant guise d’introduction vient alors une phase d’entraînement, histoire d’appréhender les diverses possibilités d’attaques avant le grand bain. On y retrouve les classiques coups faibles et forts s’enchaînant de diverses manières épaulés par des attaques spéciales soumises à un cooldown. S’ajoutent à cela deux jauges, la première se remplissant au fur et à mesure des KO donne accès à un état de furie décuplant la force du Servant pendant un court moment. La seconde est quant à elle consacrée à une attaque suprême, la plus puissante du jeu : la Noble Phantasm !. Pour y accéder, le joueur doit tout simplement faire le plus de victimes possible en état de furie. Autant vous dire que le déclenchement de cette dernière ne laisse pas dans l’indifférence car il s’agit tout simplement d’une cinématique (utilisant le moteur du jeu) propre à chaque Servant qui offre un spectacle d’une bonne quinzaine de secondes réalisée pour en mettre plein la vue et accessoirement faire très mal aux adversaires. Vient ensuite la possibilité en cours de jeu de choisir deux autres Servants qui peuvent le cas échéant faire office de support aux combats de manière offensive et défensive.


Cela étant dit, Fate/Extella Link reprend les codes du genre et propose de prendre part à des joutes endiablées face à d’innombrables ennemis sur un champ de bataille morcelé en différentes zones. Histoire de pimenter les missions, le joueur est amené à valider divers objectifs pour au final affronter le ou les boss du niveau. La recette est connue, fonctionne toujours aussi bien et ravira les amateurs de « bourrinage » de manette en mal d’action. Une action frénétique où il n’est pas rare, une fois le personnage bien en main, de réaliser des enchaînements dépassant les 2 000 hits sous une débauche d’effets spéciaux décollant la rétine. Autant vous dire que terrasser un ennemi en enchaînant furie, attaques spéciales et finir en apothéose par un Noble Phantasm apporte un sentiment de toute-puissance sans commune mesure et en cela, le titre se révèle tout bonnement excellent. Une fois la mission terminée, un tableau des scores avec système de notation fait son apparition et vous vous en doutez : plus la victoire est éclatante, plus les récompenses sont grandes.

Étape habituelle du genre, le joueur doit passer par la case préparation avant de partir vaillamment en guerre. Celle-ci s’effectue via un hub, seul havre de paix regroupant atelier, baraquement et salle d’opération stratégique. Loin de vouloir énumérer toutes les possibilités de cette phase, sachez qu’il est possible d’y choisir ses compétences, de monter le niveau d’expérience des Servants en échange de monnaie ou encore de soigner les liens entre Master et Servants. Pour se faire, le joueur doit s’acquitter d’objectifs complémentaires récompensés par des points d’affinités améliorant ainsi le support aux combats. Offrant de multiples mécaniques d’évolution, il faut bien avouer que les nouveaux venus risquent de prendre peur face à toutes les possibilités. Cependant, le jeu ne fait en aucun cas preuve d’avarice en matière d’explications : chaque mécanique est abordée simplement et l’ensemble est regroupé dans un glossaire accessible à n’importe quel moment.


Au niveau de la durée de vie, le mode principal demande environ une bonne douzaine d’heures pour être bouclé. Une durée honorable qui se retrouve doublée grâce au mode Extra Battle. Dans celui-ci, ce ne sont pas moins de 42 stages, promesses de castagne qui attendent le joueur. Alors que terminer l’histoire principale en difficulté normale amène l’expérience des Servants aux environs du level 45, sachez qu’ici les derniers stages recommandent un level de 150, augurant de ce fait une belle montée en puissance. Avec une difficulté rehaussée, c’est bel et bien dans ce mode que se trouve le véritable challenge. Face à des ennemis bien plus coriaces et des objectifs au timing parfois serré, autant vous dire que les parties sont loin d’être une sinécure. Maîtrise des déplacements, de la garde et des diverses capacités se retrouvent primordiales sous peine de passer rapidement l’arme à gauche. De même, il est préférable de correctement préparer le combat en équipant astucieusement son Servant pour prétendre à la victoire. Sans conteste, le titre montre ici son véritable potentiel d’autant plus que c’est dans celui-ci qu’il sera possible de récupérer les costumes alternatifs mais surtout les compétences et items les plus puissants. 

Vient pour finir le mode Multijoueur qui propose des affrontements jusqu’à huit participants (4 VS 4) en réseau local ou en ligne. Se limitant durant la rédaction de ce test à un simple « King of the Hill » où il est question de contrôler une zone en éliminant l’équipe adversaire, celui-ci se révèle prometteur. Après avoir effectué quelques parties hébergées par des joueurs japonais, on ne peut que rester satisfait par la qualité de l’expérience exempte du moindre ralentissement ou « input lag ». Bien qu’il soit pour l’heure difficile d’émettre un avis définitif sur la qualité générale de ce mode, on peut à priori espérer une expérience satisfaisante capable de prolonger agréablement la durée de vie du jeu.


Visuellement plus soigné que le précédent opus, Fate/Extella Link se caractérise pourtant par une technique juste honnête en 2019. Dans cette version Switch, le titre fait un peu figure d’une production issue de l’ère PS3 mais n’en reste pas moins agréable à l’œil. Ses environnements colorés, son chara-design, sa mise en scène et sa flopée d’effets spéciaux se montrent tout à fait convaincants. D’ailleurs, il n’est pas faux d’annoncer que le titre de Marvelous mise avant tout sur le spectaculaire. Qu’il s’agisse de l’attaque la plus basique à la plus dévastatrice ou encore du travail effectué sur la mise en scène des Servants et les musiques, tout est fait pour appâter le joueur dans un festival de son et lumière. Même si la lisibilité de l’action se retrouve parfois impactée par tous ces effets, on ne peut que saluer le fait que cela se fasse sans véritable accroc. En effet, peu importe le nombre d’ennemis présents à l’écran et les actions effectuées, la Nintendo Switch ne bronche pas et offre dans tous les cas de figure une expérience convaincante.


Concernant les reproches, il en est un qui paraît évident et ne surprendra en aucun cas les habitués du genre car il s’agit de la répétitivité. S’articulant autour d’un triptyque représenté par les dialogues, la préparation au combat et l’action, le bébé de Marvelous n’échappe pas à cette tare. La boucle de gameplay au global ou à travers le prisme des combats est éminemment répétitive. De plus la présence des nombreuses lignes de textes impacte directement le rythme du jeu qui passe ainsi de la frénésie des joutes au calme plat des conversations. On peut également mettre en lumière cette caméra qui tente de suivre l’action sans pour autant y parvenir efficacement obligeant le joueur à la replacer bien trop souvent. Viennent ensuite ces murs invisibles empêchant de passer au-dessus d’un simple muret qu’un enfant de 6 ans pourrait très bien enjamber. Mais au-delà de ces critiques, on peut aussi pointer du doigt certains manques, comme l’impossibilité de changer de Servant à la volée ou le fait de ne pas pouvoir dispatcher ces compagnons d’armes dans les différentes zones…


Au final, en proposant un jeu combinant deux genres encore considérés de niche sur notre territoire, il est avéré que Fate/Extella Link s’adresse à un public restreint. Pour autant, le titre n’en demeure pas moins réjouissant et proposera satisfaction aux amoureux du genre qui plus est s’ils sont adeptes de la licence. Au côté de Fire Emblem Warriors et d’Hyrules Warriors, on pourra lui reprocher son trop grand classicisme mais on retiendra surtout de lui son action trépidante, sa surenchère d’effets en tous genres et ce sentiment de toute-puissance ô combien addictif. En bref, si vous vous sentez l’âme d’un héros légendaire prêt à affronter mille hommes, Fate/Extella Link est un jeu à considérer.

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • L’action frénétique
  • La sensation de toute-puissance manette en mains
  • La direction artistique convaincante
  • Le festival d’effets spéciaux…

Ce qu’on a moins aimé :
  • … qui limite parfois la lisibilité
  • Le suivi de la caméra loin d’être optimal
  • Un rythme de jeu en dents de scie
  • Un gameplay forcément répétitif


Prix : 49,99 €
Genre : Action, Beat’em all
Taille eShop : 5,4 Go
Date de sortie européenne : 22/03/2019
Développeur / Éditeur : Marvelous Inc. / Marvelous (XSEED)

Test réalisé depuis une version dématérialisée gracieusement fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

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