lundi 29 juillet 2019

[TEST] Shakedown: Hawaii sur Nintendo Switch

Sept ans après la sortie de Retro City Rampage, le studio Vblank remet le couvert en 2019 avec le nommé Shakedown: Hawaii. Titre attendu par les fans de la première heure, le dernier-né abandonne le trip rétro « 8-bits et années 80 » pour passer à la vitesse supérieure avec une escapade sous le soleil d’Hawaii façon 16-bits. Tout comme la précédente production, on se retrouve face à un GTA-like complètement déjanté lorgnant furieusement sur les premiers épisodes développés par les Texans de chez Rockstar. Sortez donc la chemise à fleurs, le bermuda, l’indispensable paire de tongs et voyons si cette suite qui ne porte pas son nom vaut le détour.


Shakedown: Hawaii nous propose d’incarner un quinquagénaire ayant fait fortune par le passé. Fort de sa réussite, ce chef d’entreprise un brin prétentieux et partisan du moindre effort passe ses journées confortablement installé dans son chez soi, sirotant au passage quelques cocktails. La vie est pour lui un long fleuve tranquille jusqu’au jour où il apprend via la petite lucarne que son empire est sur le déclin. Il faut dire qu’à l’heure des nouvelles technologies et notamment d’internet, s’obstiner à louer des cassettes VHS paraît pour le moins compliqué. Complètement largué par le monde qui l’entoure, le bougre n’a pourtant qu’une seule idée en tête : celle de reconstruire son empire aidé tant bien que mal par son looser de fils et un homme de main peu scrupuleux.

Reprenant des éléments de gameplay éprouvés dans le précédent opus et plus globalement dans les GTA-like, cette production prend place dans un open-world à « taille humaine ». Comprenez par-là que l’île est assez vaste pour ne pas se sentir à l’étroit sans pour autant verser dans le gigantisme. Au menu des festivités, vols de véhicules en tous genres, carnages en pleine rue avec les nombreuses armes mises à disposition, courses poursuites contre les autorités, tout cela sous couvert de la renaissance d’un empire à tendance mafieuse et d’anéantir la concurrence.


Assurément généreux dans son contenu, le titre offre de quoi s’amuser, voyez par vous-même : 111 missions principales, 15 quêtes annexes, 83 skakedowns, 30 chargeurs à trouver, 17 challenges d’armes et plus de 400 propriétés à acquérir. Autant vous dire que la durée de vie se montre bien plus qu’honorable avec à minima une dizaine d’heures de jeu en ligne droite et bien plus si vous désirez obtenir le 100 % sans même parler de la possibilité de se promener librement dans la ville via un mode de jeu supplémentaire. Fort de ce contenu exhaustif, Shakedown: Hawaii repose néanmoins (dans sa trame principale) sur une boucle de gameplay très convenue. Chaque mission commence inlassablement par une scène arborant le drapeau de la critique capitaliste sous un angle humoristique pour ensuite laisser place à l’action. Malheureusement, on se rend vite compte manette en mains que cette recette n’est pas sans défaut…

Tout d’abord, cela impacte le rythme de jeu qui se retrouve perpétuellement haché entre des scènes de dialogues relativement longues comparativement à l’action. En effet, la grande majorité des missions ne demande que deux minutes « montre en main » pour être effectuée, ce qui bien entendu malmène l’équilibre global. De plus, il faut bien avouer que la répétitivité est de mise avec une alternance de différentes phases allant du run and gun jouissif, à la plateforme peu inspirée. Mais le plus gros reproche que l’on peut faire est que le titre n’est au final qu’un enchaînement de petits objectifs plus ou moins anecdotiques. Résultat, on attend patiemment la première « grosse » mission, celle qui marque véritablement le début du jeu sauf que celle-ci n’arrive jamais.


On peut également émettre quelques réserves sur cette possibilité de changer de personnage à la volée (protagoniste, fils et homme de main) qui n’apporte aucune valeur ajoutée ou encore ces forces de l’ordre quasi inexistantes. Enfin, sachez que le jeu est intégralement en anglais et ne pourra être apprécié à sa juste valeur que par les anglophones. Non dénué d’humour et bien souvent critique face aux dérives capitalistes, le scénario est véritablement agréable à suivre et aurait assurément mérité une traduction. Dommage…

Au-delà de ces griefs, Shakedown: Hawaii reste cependant un titre très plaisant, certes maladroit mais également saupoudré de très bonnes idées comme sa partie gestion, digne d’un véritable Monopoli. Franchement bien amené, cet aspect du jeu demande en finalité d’acquérir l’entièreté de l’île, tout en s’assurant de faire prospérer commerces, hôtels et usines en votre possession. Histoire de remplir les caisses, il est possible et recommandé d’investir dans des multiplicateurs de performances comme des cartes cadeaux permettant d’augmenter les bénéfices, d’arnaquer sans scrupules vos clients et de vous verser très vite en cours de jeu un salaire indécent. Libre à vous ensuite de dépenser votre argent comme bon vous semble pour vous payer par exemple, la coupe de cheveux de vos rêves ou d’obtenir de nouveaux genoux dans une clinique vétérinaire afin d’être en capacité d’effectuer un double saut.


Parallèlement à la trame principale, vous aurez la possibilité entre autres, de proposer un service de sécurité aux commerçants de l’île sous réserve de recevoir quelques deniers de leur part. Évidemment, il s’agit ici purement et simplement d’un racket bien crapuleux, les biens nommés « shakedowns ». Pour ceux et celles qui ne souhaitent pas de votre protection, quelques coups de battes bien placées devraient logiquement les faire changer d’avis. Ajoutez à cela, tout un tas de friandises comme des défis synonymes de défouloir qui proposent par exemple de vous transformer en torche humaine pour bruler le plus de passant possible et vous obtenez une expérience placée sur l’autel du fun et de l’absurde pour un plaisir immédiat.

Côté réalisation, nous sommes ici en présence d’un pixel art de très bon goût : que ce soit les environnements ou les protagonistes, tous ont bénéficié d’un travail de qualité. La ville, agréable à parcourir, ne manque pas de vie et les nombreux détails comme les arbres bougeant au gré du vent ou encore les effets pyrotechniques se montrent tout à fait convaincants. Accompagné d’une bande-son façon « chiptune » qui est certes un poil en dessous de Retro City Rampage mais tout de même de qualité, il y a véritablement de quoi satisfaire mirettes et esgourdes lors des nombreuses missions. Cerise sur le gâteau, le titre propose en guise d’agrément visuel d’appliquer un « layout » façon TV tube cathodique, de zoomer ou encore de choisir parmi différents filtres colorimétriques.


Au final, cette suite « spirituelle » de Retro City Rampage ne parvient pas à convaincre totalement malgré des qualités indéniables. On réservera donc ce dernier aux joueurs et joueuses ayant apprécié le précédent opus ainsi qu’aux fans de GTA de la première heure désireux de retrouver une ambiance totalement déjantée. Pour les autres, le titre est un peu plus difficile à conseiller notamment à cause de la répétitivité. Dans tous les cas, Shakedown: Hawaii devra être joué par petites sessions, histoire d’en apprécier les qualités sans craindre l’overdose. Pour ce faire, il paraît évident que le mode portable de la Nintendo Switch soit la solution la plus adéquate…

Comme il était coutume à l’époque des consoles 16-Bits, Shakedown: Hawaii n’a pas fait l’impasse sur les fameux « cheat-codes ». Voici donc une liste non exhaustive, à utiliser selon votre bon vouloir en cours de jeu :
  • Avoir toutes les armes : Haut, Haut, Bas, Bas, Gauche, Droite, Gauche, Droite, B, A
  • Plus d’argent : Gauche, Droite, Gauche, Droite, Haut, Haut, Bas, Bas, R, A
  • Activer le mode invincible : Haut, Haut, Gauche, Droite, Gauche, Droite, Bas, Bas, R, B
  • Désactiver le mode invincible : Bas, Bas, Gauche, Droite, Gauche, Droite, Haut, Haut, R, B

Test de The Dark Bear

Ce qu’on a aimé :
  • L’ambiance totalement déjantée
  • Le soin accordé à la réalisation
  • L’aspect gestion bien exploité
  • La durée de vie bien plus qu’honorable
  • L’humour omniprésent…

Ce qu’on a moins aimé :
  • … mais accessible uniquement aux anglophones
  • Le problème de rythme
  • Les missions certes nombreuses mais qui se répètent inlassablement
  • Des musiques un ton en dessous comparativement à Retro City Rampage même si elles sont globalement de bon niveau


Prix : 14,99 €
Genre : Action, GTA-like
Taille eShop : 238,03 Mo
Date de sortie européenne : 07/05/2019
Développeur / Éditeur : Vblank Entertainment/ Vblank Entertainment

Test réalisé depuis une version dématérialisée fournie par l’éditeur. Les images publiées dans ce test sont issues de nos propres sessions de jeu et la note attribuée reflète notre propre avis personnel.

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